Dans l’histoire de la musique, rares sont les supergroupes (comprendre réunion opportune de musiciens virtuoses sur un même projet) qui réussissent à surprendre et graver leur nom dans le marbre. Il reste quelques exemples célèbres évidemment (ELP ou plus récemment Transatlantic) mais l’histoire de telles formations arrivent souvent précipitamment à terme suite à une bataille rangée d’égos surdimensionnés qui tiennent trop de place dans un seul studio d’enregistrement.

Et des égos il y en a dans Sons of Apollo. Ne serait que le nom de la chose, relax comme pas deux, qui se réclame du dieu de la musique. Attention toutefois, comme tout supergroupe qui se respecte, nous n’avons pas affaire à des fanfarons. Jugez sur pièce : Mike Portnoy (ex Dream Theater, actuel Neal Morse Band, Flying Colors et j’en passe… 29 groupes au compteur et un nombre d’albums aussi incalculable que les enfants illégitimes du Prince Albert), Derek Sherinian (ex Dream Theater, Planet X, Billy Idol, Black Country Communion), Billy Sheehan (Winery Dogs, Mr. Big, David Lee Roth), Ron « Bumblefoot » Thal (ex-Guns n’ Roses) et Jeff Scott Soto au chant (ex-Journey, Yngwie Malmsteen’s Rising Force) sont de la partie et autant dire que s’il y a du cheveux à revendre, la fréquence musicale se double d’une dose de décibels à faire frémir n’importe quel amateur de bruit. Ces gars-là se connaissent depuis un bail, ont déjà joué ensemble ici et là, en petit comité, ont sur des projets communs mais jamais ils n’avaient tenté l’aventure avec une telle application, un tel sérieux. Car Sons of Apollo est tout sauf une récréation. L’année 2018 sera d’ailleurs placée sous la houlette de cette nouvelle formation qui tournera à travers le monde pour promouvoir l’objet qui nous intéresse, le fameux premier album tant attendu qui répond à la douce incantation de Psychotic Symphony. Tout un programme !

Porté par les « Del Fuvio Brothers » (Portnoy/Sherinian à la production), le combo livre ici une prestation de choix où chacun tire son épingle du jeu plutôt que la couverture à lui. La faute aux compositions élaborées sans petit jeu du « pousse-toi que je m’y mette », à des sessions de jams intenses et à un feeling irréprochable. Nos compères aiment jouer ensemble et ça s’entend ! De manière organique, cela pourra évidemment faire penser au Dream Theater de Falling Into Infinity (le premier album avec Sherinian…) sur le morceau « God of the Sun », à Rainbow (« Lost in Oblivion »), Van Halen et Deep Purple (« Divine Addiction ») avec ceci de supplémentaire que nos lascars courent l’échappée belle en permanence.  Le résultat offre une inspiration puisée dans les seventies, qui balance du heavy, du métal, du jazz, de la fusion à tour de notes, le tout remis au goût du jour avec une virtuosité sans faille (« Labyrinth », « Opus Maximus »). Certains pourront trouver cela épuisant, mais il faut noter la bonne initiative d’avoir limité les choses à l’heure de jeu, histoire de ne pas détruire les résistances. En résulte un album classe, plein de notes et d’envies, où transpire la joie de musiciens heureux d’être là. Tout simplement.

Retrouvez l’interview avec Mike Portnoy et Derek Sherinian

SONS OF APOLLO – PSYCHOTIC SYMPHONY

Sons of Apollo - Psychotic Symphony (2017)

Titre : Psychotic Symphony
Artiste : Sons of Apollo

Date de sortie : 2017
Pays : Etats-Unis
Durée : –
Label : InsideOut

Setlist

1. God Of The Sun (11:12)
2. Coming Home (4:23)
3. Signs Of The Time (6:43)
4. Labyrinth (9:23)
5. Alive (5:06)
6. Lost In Oblivion (4:28)
7. Figaro’s Whore (1:04)
8. Divine Addiction (4:42)
9. Opus Maximus (10:40)

Line-up

Mike Portnoy – Drums, Vocals
Derek Sherinian – Keyboards
Billy Sheehan – Bass, Vocals
Jeff Scott Soto – Lead Vocals
Ron “Bumblefoot” Thal – Guitar, Vocals

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre d'ailleurs (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?