Mike Oldfield - The Songs Of Distant Earth
4.3TOP 1994

Depuis le temps qu’on le prenait pour le précurseur de la vague new-age – ce qui ne manquait pas de le contrarier – il fallait bien que ça arrive ! Et Mike Oldfield de nous livrer sa galette futuriste & planante du fin fond de son douillet giron nouvellement basé chez Warner. Pour parfaire le concept générique du projet, ce dernier prendra comme point de départ l’écrivain de science-fiction Arthur C. Clarke, auteur (notamment) du fantasme filmique kubrickien intitulé 2001, Odysée de l’espace… LE film culte de notre ami guitariste dont le titre de la nouvelle originelle, The Sentinel, avait inspiré le morceau introductif de son précédent album Tubular Bells II. La boucle devait donc être bouclée. Pourtant, ici, point de monolithe puisque c’est le roman Chants de la Terre lointaine qui sera choisi ; l’histoire des derniers humains forcés de quitter notre bonne vieille Terre, carrément détruite, pour rejoindre la planète Thalassa. Le double défi consistait à retranscrire musicalement cette histoire, sans l’aide de véritables textes écrits ou chantés. Un exercice de style pas vraiment nouveau mais toujours aussi casse-gueule puisqu’il faut bien veiller à ne pas vexer la susceptibilité des amateurs de l’œuvre originale tout en intéressant les autres. Pour faire simple, notre ami se préparait une charmante équation à multiples inconnues.

Je fus ravi lorsque Mike Oldfield me dit qu’il souhaitait composer une suite inspirée du roman. J’étais particulièrement impressionné par la musique qu’il avait écrit pour The Killing Fields (La Déchirure) et lorsque j’ai pu écouter le disque tiré de The Songs of Distant Earth, j’ai senti qu’il avait dépassé toutes mes espérances. Bon retour dans l’espace, Mike, il y a encore plein de place ici ! – Arthur C. Clarke

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Mais depuis quelques mois, Mike Oldfield reprenait du poil de la bête et portait large. Avec le succès de Tubular Bells II (plus de deux millions d’exemplaires vendus), la rampe de lancement était solide, le décollage immédiat. Et comme le sujet l’imposait, SODE développe immédiatement une ambiance résolument moderne (« Only Time Will Tell », « Hibernaculum »), joue la proéminence de synthétiseurs et balance entre les rythmes électroniques et quelques chœurs grégoriens à la façon Enigma. D’autres vocalises aux textures illuminées batifolent librement dans la tradition indienne (« Prayer For The Earth ») ou tribale (« The New Begining ») avec une vocation world music (on pense à Deep Forest). Tout cela infuse à travers une production high-tech que n’oublie pas de ponctuer cette guitare jubilatoire sur les deux pics « Let There Be Light » et « Crystal Clear ». De long en large et même en travers, voici 17 chapitres intenses dont un aller-retour gratos vers l’incontournable accroche tubulaire (« Tubular World ») et des moments de grâce suspendue (« Lament For Atlantis », « The Shining Ones ») qui accentuent encore l’impression d’immensité et de vertige. Au delà de son aspect technologiquement novateur avec la première piste multimédia disponible sur CD (un jeu sous forme de puzzle et un clip vidéo à débusquer), Songs Of Distant Earth sonnait comme un ouvrage libre et inspiré dont Arthur C. Clarke avouera beaucoup apprécier la palette de couleurs. À juste titre.

MIKE OLDFIELD – THE SONGS OF DISTANT EARTH

Mike Oldfield - The Songs Of Distant Earth (1994)

Titre : The Songs Of Distant Earth
Artiste : Mike Oldfield

Date de sortie : 1994
Pays : Angleterre
Durée : 54’34
Label : Warner

Setlist

1. In The Beginning (1:24)
2. Let There Be Light (4:52)
3. Supernova (2:16)
4. Magellan (4:41)
5. First Landing (1:16)
6. Oceania (3:27)
7. Only Time Will Tell (4:19)
8. Prayer For The Earth (2:10)
9. Lament For Atlantis (2:44)
10. The Chamber (1:49)
11. Hibernaculum (3:32)
12. Tubular World (3:23)
13. The Shining Ones (2:59)
14. Crystal Clear (5:42)
15. The Sunken Forest (2:39)
16. Ascension (5:48)
17. A New Beginning (1:33)

Line-up

– Mike Oldfield / various instruments
+ Pandit Dinesh / tablas
– Molly Oldfield / keyboards
– Cori Josias / vocals
– Ella Harper / vocals
– David Nickless / vocals
– Roame / vocals
– Members of Verulam Consort / vocals
– Tallis Scholars / vocals

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre d'ailleurs (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?