Steven Wilson
Palais des Congrès – Paris
Lundi 1er février 2016

Le musicien aux pieds nus, Steven Wilson, se produisait au Palais de Congrès de Paris qu’il a enflammé du début à la fin d’un show magistral qui devait s’étaler sur deux heures trois quart et qui était constitué de deux parties bien distinctes.

Ce n’est pas la première fois que j’assistais à un concert de Mister Wilson, et l’on peut dire que le musicien est en perpétuelle évolution, cet artiste n’a de cesse de se renouveler et de vouloir atteindre la plénitude musicale. La salle du Palais des Congrès se prête magnifiquement à l’exercice, cet endroit semble idéal pour diffuser une musique d’une telle richesse, et c’est dans des conditions idylliques – contrairement à certaines salles à l’acoustique moyenne – que le set commença enfin, nous permettant de jouir au mieux de la performance des musiciens.

Wilson y apparaissait heureux, ravi d’être là, et comme sur chacune de ses aventures musicales (Blackfield, No Man, Storm Corrosion, Bass Communion) il sait s’entourer par le gratin de la musique contemporaine, et ce soir encore, il s’illustra comme le fer de lance de la musique progressive au sens large du terme.

Steven avait décidé de commencer (et c’est un peu logique) par l’intégralité de son avant dernier album studio en date Hand.Cannot.Erase sur la première heure du set. Wilson nous réserva ensuite trois titres du mini album « 4 1/2 » qu’il vient à peine de sortir et qui est composé de « chutes » de l’album précité (Wilson les consi-

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dère comme des chutes, d’autres les utiliseraient comme titres majeurs ), plus des versions différentes de morceaux de Porcupine Tree, ainsi que des compos de ses albums antérieurs, et ce dans la deuxième partie du concert.

On constatait que le visuel des « live » de Wilson était toujours soigné, et de nombreuses vidéos et dessins animés furent projetées en fond de scène, imitant un peu les concerts des seventies qu’affectionne particulièrement Steven qui a un profond respect pour ces années hyper créatives ayant accouchées de tant de talents. Cette première heure fut éblouissante, il est a noter que le guitariste David Kilminster tient lieu et place de son illustre prédécesseur Guthrie Govan parti former The Aristocrates avec son comparse le batteur Marco Minnemann et c’est un peu normal.

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Les drums sont à présent tenus et de bien belle façon par Craig Blundell, la basse est quant à elle entre les mains du prodigieux Nick Beggs qui fut une fois de plus magistral. Pour les claviers, Adam Holzman remplissait son rôle à la perfection, son apport à la musique de Wilson reste prépondérant, les deux musiciens commencent à bien se connaître à présent.et forment une belle complicité. Et pour ce qui est du maître de cérémonie, il resta fidèle à son image, Wilson mena cette bande de virtuoses avec brio, donnant l’apparence d’une certaine facilité, mais qui masque pourtant un très grand professionnalisme – les gestes (habituels) qu’il aime faire donnant l’impression de diriger un orchestre symphonique, sont symptomatiques du bonhomme.

Et dès le cinquième titre « Routine » apparaissait la belle Ninet Tayeb (on s’y attendait un peu), elle illumina de sa belle voix cette compo. La collaboration avec la chanteuse israélienne restera comme un épisode heureux dans la carrière déjà prolifique de Steven, elle interviendra une deuxième fois sur « Ancestral »,son timbre vocal collant à la perfection avec l’univers de Wilson, cela faisait un certain temps que le musicien désirait une voix féminine auprès de lui. Cette grosse heure passa très vite et c’était déjà l’entracte durant lequel on se remit de nos émotions, car le gros morceau nous était réservé pour le second set, parce que en effet nous n’étions pas au bout de nos surprises. « Drag Ropes », morceau issu de la collaboration Åkerfeldt et Wilson, j’ai nommé Storm Corrosion, ouvrit le bal de cette deuxième partie, morceau inattendu et jubilatoire. Il est comme ça Steven, même avec un show millimétré, tout est possible, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise !

Poussez pas, y en aura pour tout le monde, car ont été interprétés dans le désordre : « Open Car »,« Sound Of Musak »,« Hatesong »,« Sleep »,« Together»,« Index » (inquiétant au possible), ainsi qu’un « Vermillioncore » jouissif issu du dernier mini lp, tout ceci interprété sur un train d’enfer.

Et comme adore le faire Wilson lors de ses concerts, (en plus des projections), un grand rideau blanc et semi opaque descendit des cintres jusqu’à la scène masquant (en partie) les musicos, (effet visuel réussi), ce rideau ne fut remonté qu’après plusieurs morceaux. Puis s’en suivra « Lazarus » tout en douceur, pour les nostalgiques de Porcupine Tree, ce fut un passage très émouvant du concert car Steven rendit un premier vibrant hommage sur ce titre homonyme au grand David Bowie qui nous a quitté bien trop tôt. Le temps passait trop vite, on sentait le public fébrile à l’idée de quitter la bande à Wilson, il est certain que des concerts d’une telle intensité ne se rencontrent pas tous les jours.

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Nous nous acheminons vers la fin du show qui devait se conclure sur encore un titre de Porcupine et non des moindres « Sleep Together » puis « The Raven That Refused To Sing » qui sonnait le glas de cette formidable prestation que nous avons eu la chance de voir ce soir là. Le deuxième hommage au génialissime Bowie apparaissait lors du rappel avec « Space Oddity », morceau emblématique de « l’homme qui venait d’ailleurs », auquel la présence et la voix de Ninet Tayeb donnait un relief fort différent. Même s’il vient moins souvent à Paris, Wilson nous gâte à chacune de ses tournées, avec des morceaux ressortis des cartons, qui sont devenus des classiques…

Steven a gagné en assurance depuis toutes ces années sur scène, adieu le jeune homme timide caché derrière ses cheveux et ses lunettes, il est mûr, s’éclate, plaisante souvent avec son public et visiblement partage son bonheur d’être sur scène pour nous. Quasiment trois heures de show au final, (le public, sage jusqu’à là, était debout), du cousu main, de la dentelle, des musiciens de haute volée, il ne manquait rien dans ce set extraordinaire auquel nous avons été conviés ce soir. Wilson évoquait dans une interview récente sa frustration quant à son manque de reconnaissance du « grand public » et des médias, vous voulez que je vous dise ? Je ne suis pas pressé de le voir avec mes jumelles au stade de France, on le garde rien que pour nous, mais je ne vous ai rien dit.

Photos : Nidhal Marzouk

Setlist

Set 1 (Hand. Cannot. Erase.)

First Regret
3 Years Older
Hand Cannot Erase
Perfect Life
Routine (with Ninet Tayeb)
Home Invasion
Regret #9
Transience
Ancestral (with Ninet Tayeb)
Happy Returns         Happy Returns
Ascendant Here On…

Set 2

Drag Ropes (Storm Corrosion cover)
Open Car (Porcupine Tree song)
My Book of Regrets
Index
Lazarus (Porcupine Tree song – dedicated to David Bowie)
Don’t Hate Me (Porcupine Tree song) (with Ninet Tayeb)
Vermillioncore
Sleep Together (Porcupine Tree song)

Encore

Space Oddity (David Bowie cover with Ninet Tayeb)
The Sound of Muzak (Porcupine Tree song)
The Raven That Refused to Sing

Line-up

Steven Wilson – vocals, guitars
Adam Holzman – keyboards
Nick Beggs – bass guitar
Craig Blundell – drums
David Kilminster – guitars
Ninet Tayeb – vocals

A propos de l'auteur

Daniel Sebon

Salut à tous je suis Dany , nouvellement chroniqueur sur Amarokprog et anciennement sur Koid9 et progressivearea, je collabore aussi sur Lebolg du jester. Grand amoureux de musique devant l’éternel, et de musiques progressives au sens large du terme. J’ai été bercé aux sons du « Segent peppers » des Beatles, puis ensuite je n’ai jamais lâché la musique qui représente un peu mon oxygène. Après j’ai passé ma vie en écoutant Hendrix, Genesis, Floyd ,Marillion, Mike Oldfield, Tull, Yes, Ange Camel (entres autres génies que j’ai aimé) tout en découvrant les plus récents, Steve Wilson, Riverside, Gazpacho, Dream Theater, The Watch, Anathema.(entres autres très belles découvertes qui sont venues après. Puis la musique planante m’ aussi bien accompagné telle, Tangerine Dream ,Vangelis, Klauz Schulsz. Sans parlé aussi de la période « jazz rock » qui m’a bien plue jadis « au temps de Pierre et Gladys », telle Mahavischnu Orchestra, Chick Corea, Al Dimeola, Pat Metheny, voilà quelques perles qui ont émaillé ma longue vie d’aficionados et je compte bien par le biais d’Amarokprog, en découvrir d’autres et vous en faire découvrir. Progresssivement votre Dany