Transatlantic - Bridge Across Forever
5.0Chef-d'œuvre

2001, odysée de l’épice. Nous voici un an à peine après SMPTe, premier essai copieux et archi-concluant de vrais-faux nouveaux venus de Transatlantic. Le temps nécessaire pour lancer une suite attendue pour l’exploration en profondeur des forces en présence : Neal Morse au chant et claviers, Mike Portnoy derrière les fûts, Pete Trewavas sur sa basse et le sémillant Roine Stolt pour les guitares. À la pesée, Bridge Across Forever joue de facto dans la catégorie poids lourd.

Côté reproches, la formation avait donc essuyé les plâtres sur le précédent opus avec un Neal Morse jugé omniprésent sur les compositions, le chant, les claviers, la production… La réponse appellera un album passionnant d’un bout à l’autre, à la fois libre, aérien et pourtant douloureux. Dans une alternance de rythmiques rugueuses, le multi-instrumentiste déjà habité entame « Duel With The Devil » avec sa pasionaria habituelle et tient l’Enfer à bout de bras avec cette exploration épique qui malmène le matériel dans tous les sens. Toute la clique est à la fête et l’accumulation de comptines fructueuses se poursuit sur « Suite Charlotte Pike », titre gigogne qui vole dans les plumes harmoniques, gorgées de cette inspiration pop improvisée qui fait joyeusement taper du pied. Une joute musicale enthousiasmante qui précède le piano-voix « A Bridge Across Forever » où Neal Morse déchire à lui seul le voile du secret, ténue, de la tristesse. Il signe ici sa chanson la plus émouvante.

Et que dire de ce déluge sonique déversé sur la demi-heure schizophrène de « Stanger in Your Soul » qui, sans jamais dévoyer le propos, part en multiples randonnées périlleuses avec une virtuosité inouïe, bardée de circonvolutions pétries de mécaniques imprévisibles. D’une incandescence à couper le souffle, Bridge Across Forever se dévore comme un roman, passionnant, et ne s’enferre jamais dans la simple accumulation. Ces quatre morceaux choisis conjuguent cette attitude « à la cool » qui laisse songeur, baignée d’une gloutonnerie musicale avec un art consommé de la digression. Bridge Across Forever se révéla à ce point vertigineux qu’il faudra huit années aux quatre amis pour remettre le couvert.

TRANSATLANTIC – BRIDGE ACROSS FOREVER

Transatlantic - Bridge Across Forever (2001)

Titre : Bridge Across Forever
Artiste : Transatlantic

Date de sortie : 2001
Pays : États-Unis
Durée : 72’51
Label : Inside Out

Setlist

1. Duel With The Devil (26:43)
i) motherless children
ii) walk away
iii) silence of the night
iv) you’re not alone
v) almost home
2. Suite Charlotte Pike (14:30)
i) if she runs
ii) mr. wonderful
iii) lost and found pt. 1
iv) temple of the gods
v) motherless children / if she runs (reprise)
3. Bridge Across Forever (5:33)
4. Stranger In Your Soul (26:05)
i) sleeping wide awake
ii) hanging in the balance
iii) lost and found pt. 2
iv) awakening the stranger
v) slide
vi) stranger in your soul

Special Edition includes;

CD 2: 53:29
1. Shine On You Crazy Diamond (15:27)
2. Studio Chat (4:50)
3. And I Love Her (7:53)
4. Smoke On The Water (4:20)
5. Dance With The Devil (9:01)
6. Roine’s Demo Bits (11:58)
7. Interactive Section (Video)

Line-up

– Neal Morse / vocals, grand piano, hammond organ, mini moog, rhodes piano, synthesizer, additional guitars and mandolin
– Mike Portnoy / drums, vocals
– Roine Stolt / vocals, electric and acoustic guitars, mellotron, additional keyboards and percussion
– Pete Trewavas / bass, bass pedals, vocals

Guests:
– Chris Carmichael / violin, viola, Cello on Stranger In Your Soul and Duel
– Keith Mears / saxophone on Duel With The Devil
– The “Elite” choir / backing vocals on Duel With The Devil

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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