Tin Spirits - Scorch
4.0Note Finale

J’avais découvert Tin Spirits avant la sortie de leur premier album, alors qu’ils ouvraient pour Marillion lors de la soirée du dimanche de la convention 2011. Comme beaucoup à l’époque j’avais trouvé leur prestation formidable, emmenée par un bassiste chanteur de grande qualité, Mark Kilminster, un guitariste showman Daniel Steinhardt et survolée par la guitare délicate du grand Dave Gregory. Autant dire que j’avais attendu l’album avec impatience. Lorsque Wired to Earth était sorti je m’étais empressé de l’acheter pour finalement ne découvrir que 30mn de musique originale, avec deux morceaux de grande qualité certes, mais il y avait comme un gout de trop peu, d’inachevé. Scorch est donc pour moi le premier véritable album de Tin Spirits, le précédent faisant plutôt figure d’EP.

Scorch débute comme l’album précédent par un instrumental « Carnivore », assez musclé par rapport au reste des morceaux.

Passé cet instrumental, Tin Spirits offre une suite de morceaux bien dans le style de « Broken“, la pièce maitresse du premier disque. On est dans une musique progressive très accessible, très mélodique, tout semble couler, tout semble facile. Dave Gregory y distille toute sa musicalité et sa technique, on est bien plus proche ici de son travail avec Big Big Train, qu’avec XTC (que j’ai toujours trouvé honteusement surestimé par ailleurs). Les thèmes sont développés et les parties de guitares semblent si simples (écoutez donc « Summer Now », « Little Eyes » et sa partie centrale limite jazz ou le magnifique « Garden State » qui clôture le disque).

Le groupe n’ayant pas de claviers, mais deux guitares, aurait pu tomber dans l’écueil de la démonstration technique, des duels de gratteux… il n’en est heureusement rien. Tout est joué en harmonie et les guitares se superposent magnifiquement au service de la mélodie, de la musique.

Les 55mn du cd voient donc s’alterner morceaux délicats, bucoliques ( « Summer Now », « Little Eyes » ) avec des titres plus énergiques (« Old Hands », « Binary Man », « Wrapped and Tied »), voire acoustique (« She Moves Among Us »), toujours construits à la fois avec une certaine complexité ( les couches de guitares qui se superposent ) et avec une sensibilité pop qui donne au groupe une identité et un style bien à lui. « Garden State » clos l’album en beauté, 15 mn de pures mélodies enchevêtrées, des breaks en milieu de morceaux et un final pêchu de 5 mn porté par la voix de Mark Kilminster et ce jeu de guitare si limpide.

Au final, Tin Spirits aura pris son temps, mais nous aura concocté un splendide album. Une des belles réussites de l’année, à ranger dans sa discothèque à côté des derniers Big Big Train.

Cet article est également paru dans le n° 91 de Koid9 magazine.

TIN SPIRITS – SCORCH

Tin Spirits - Scorch (2014)

Titre : Scorch
Artiste : Tin Spirits

Date de sortie : 2014
Pays : Angleterre
Durée : 55’41
Label : Melodic Revolution Records

Setlist

1. Carnivore (4:41)
2. Summer Now (6:09)
3. Old Hands (7:13)
4. Binary Man (5:19)
5. Little Eyes (8:26)
6. Wrapped and Tied (5:28)
7. She Moves Among Us (3:17)
8. Garden State (15:08)

Line-up

– Mark Kilminster / bass, vocals
– Douglas Mussard / drums, percussion, vocals
– Daniel Steinhardt / guitars, vocals
– Dave Gregory / guitars

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