The Tangent - Le Sacre du Travail
4.3TOP 2013

C‘est toujours pareil avec les cassandres. A peine 15 mois après COMM et l’annonce d’un éclatement largement documenté sur Internet, Andy Tillison, le monsieur Loyal de The Tangent ne s’est pas démonté. Impossible de laisser la feuille blanche l’emporter. Mieux, pour ce Sacre du Travail sous-titré « An Electric Sinfonia », notre ami s’accompagne de quelques potes musiciens pas manchots (Jonas Reingold, Gavin Harrison, Jakko M. Jakszyk, Geoff Banks, Guy Manning), histoire de placer très haut le curseur technique.

Sans sombrer dans le pathos, le concept déployé évoque la valeur Travail (on l’aura compris), son acte répétitif, maladif, de l’école à la mort et cette éternelle question de savoir pourquoi nous faisons tout cela et pour qui… rien que ça ! Terre à terre, l’album ne raconte pas autre chose et n’essaye jamais de s’envoler vers des contrées fantaisistes ou fantasmagoriques. Andy Tillison s’en tient au concret, à la nécessité du réel. L’album reste ainsi plus proche d’un Days of Future Past des Moody Blues que d’un projet futuriste signé Arjen Lucassen. D’ailleurs, ce Sacre du Travail est d’une logique implacable avec un réveil en guise d’introduction et le réconfort faussement cocooning de la télévision pour finir la journée.

Et la musique dans tout ça ? Du symphonique rock teinté de jazz très seventies capable de briller dans des contre-temps subtiles (« Coming Up On The Hour » avec Rikard Sjöblom de Beardfish) comme sur les longues plages pleines de pirouettes (« Morning Journey & The Arrival », « Afternoon Malaise »). Sur ces développements inspirés, les mélodies s’assemblent comme un véritable jeu de construction, une sorte de commode prog-rock tissée fine, avec ses breaks mystérieux, ses tiroirs à surprises, plus funky ici ou bluesy plus loin, qui appellent les louanges. On pense à un retour aux sources tant le son évoque The Music That Died Alone (2003) et The World That We Drive Through (2004) mais sans jamais sombrer dans l’auto-citation compulsive.

Alors, certes, les esprits chagrins reprocheront toujours à Andy Tillison de s’accaparer le chant, avec les limites qu’on lui connaît. Évidemment, on pourra toujours imaginer ce que donnerait un tel groupe avec un vocaliste hors pair. Mais cela participe aussi au charme discret distillé par The Tangent. Et pour ceux qui douteraient encore, ce Sacre du Travail produit haut la main, est sans l’ombre d’un doute ce que le groupe a fait de mieux depuis quelque temps.

THE TANGENT – LE SACRE DU TRAVAIL

The Tangent - Le Sacre du Travail (2013)

Titre : Le Sacre du Travail
Artiste : The Tangent

Date de sortie : 2013
Pays : Angleterre
Durée : 73’11
Label : Inside Out

Setlist

1. 1st Movement: Coming Up on the Hour (Overture) (5:55)
2. 2nd Movement: Morning Journey & Arrival (22:54)
3. 3rd Movement: Afternoon Malaise (19:20)
4. 4th Movement: A Voyage Through Rush Hour (3:07)
5. 5th Movement: Evening TV (12:06)
Bonus tracks:
6. Muffled Ephiphany (4:05)
7. Hat (Live at Mexborough School 1979) (1:16)
8. Evening TV (Radio Edit) (4:28)

Line-up

– Andy Tillison / vocals, guitars & keyboards
– Theo Travis / saxes, flutes & clarinets
– David Longdon / vocals
– Jakko Jakkszyk / vocals & guitars
– Gavin Harrison / drums
– Jonas Reingold / bass

with
– Rikard Sjöblom / narration
– Guy Manning / acoustic guitar

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