The Syn - Trustworks
4.0Note Finale

Bien qu’assez peu prolixe côté discographique, The Syn a une histoire déjà fort compliquée, digne d’une tele novela bon marché. D’une formation créée en 1965 qui n’avait donné que deux singles anodins, la fin des haricots en 1967 permit à deux de ses membres, Chris Squire et Peter Banks, de s’en aller créer un certain Yes et son chapelet légendaire avec. Mais les choses ne sont jamais aussi simples. Et lorsque 36 ans plus tard, Steve Nardelli (autre instigateur initial) proposa à Peter Banks de relancer le bastringue, ce ne fut pas sans problèmes, heurts et discordances. Au final, Banks se casse à nouveau, furibard. C’est précisément ici que Chris Squire revint pour donner naissance, deux ans plus tard, au premier album officiel de The Syn, l’enthousiasmant Syndestructible (2005).

Mais alors que d’aucun pense le navire en eau calme, la suite repart sur le grand n’importe quoi. Une tournée qui se déroule mal, (re)départ de Squire (furax, lui aussi) suivi de Gerard Johnson (pas plus heureux). Nardelli, resté seul à quai, argumente alors que le groupe est en réalité un projet personnel pour lequel il s’entoure de musiciens triés sur le volet… avant d’intégrer Francis Dunnery (It Bites) et Tom Brislin (Renaissance) pour le second album, pas bien folichon, Big Sky (2009). Brett Kull et Paul Ramsey (Echolyn) font partie de la nouvelle tournée mais celle-ci fait à son tour long feu, avec nouveau split sale à la clé. Un peu perdu dans cette suite de rebondissements, on assiste ensuite à l’arrivée des musiciens super-sympathiques de Moon Safari pour un troisième album studio entamé en 2010… et finalement sorti six ans plus tard !

Trustworks bénéficie ainsi du talent, subtile, énorme, des suédois ainsi que de l’impeccable Jonas Reingold (The Flower Kings, Karmakanic) dans le rôle du producteur de luxe. Ouf ! Avec un tel pédigrée, nul doute que Trustwork éveillera autant la curiosité que la méfiance. Entre la personnalité « complexe » de Nardelli et la musique seventies à souhait du projet, on pouvait s’attendre à tout. De fait, l’album déboule toutes les aspérités attendues d’un prog rock estampillé – bruits d’ambiance, narration, soli, titres longs – ainsi qu’une maitrise sans faille du genre. Même dans ses accents plus pop (« Revolution Now ») qui tire vers le Asia des débuts, ou ses dérives folk-rock débridé (« Never Too Late »), le groupe se sort du piège d’autant que les harmonies vocales de Moon Safari (« The World is Ours ») relèvent sévèrement la sauce. On pourra évidemment regretter qu’un seul titre costaud soit présent. Ceci dit, le quasi quart d’heure de « Seventh Day of Seven » offre malgré tout une cascade florilège tout à fait enthousiasmante. Superbement emballée, comme l’ensemble de l’album, la surprise est alors de taille. Quand beaucoup ne voyait en The Syn qu’une formation quasiment morte née, une ébauche de ce qui aurait pu devenir un grand groupe mais pourrie par une ambiance délétaire, voici revenir ce trublion dont on espère aujourd’hui la suite des aventures.

THE SYN – TRUSTWORKS

The Syn - Trustworks (2016)

Titre : Trustworks
Artiste : The Syn

Date de sortie : 2016
Pays : Angleterre
Durée : 49’22
Label : Nova Sales & Distribution

Setlist

1. What If?
2. Trustworks
3. Revolution Now
4. This World of Ours
5. Something That I Said
6. Never Too Late
7. Lucifer Hesitating
8. The Wheel
9. Seventh Day of Seven

Line-up

– Steve Nardelli / lead vocalist, guitar
With Moon Safari:
– Simon Åkesson / vocals, piano, organ, moog, mellotron, keys
– Petter Sandström / vocals, acoustic guitar & harmonica
– Pontus Åkesson / vocals, acoustic & electric guitars
– Johan Westerlund / vocals, bass
– Tobias Lundgren / vocals, drums & percussion
– Sebastian Åkesson / vocals, keyboards, guitars

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre d'ailleurs (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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