Steve Hackett - At the Edge of Light
4.3TOP 2019

Pour son vingt-sixième album studio (!), Steve Hackett reprend une formule qui lui réussit plutôt bien depuis quelques années. Avec son rythme bi-annuel devenu quasiment rituel, l’ancien guitariste de Genesis (faut-il le rappeler ?) endosse une nouvelle fois son costume world music avec des influences pluri-folkloriques qui vont de l’Inde aux Celtes, en passant par l’Australie, le Moyen-Orient ou les déserts américains. Fruits des multiples voyages qu’il affectionnent notamment pour toute l’inspiration qu’ils lui procurent, ces dix nouvelles pièces ne manqueront pas de titiller une nouvelle fois les adeptes de la cohérence discographique. Les autre sauront apprécier un artiste qui n’hésite pas à piocher ça et là de quoi nourrir des compositions aux accents pluriels. Ce qui pourra étonner, finalement, ce sont quelques sonorités très seventies que l’on pourrait croire sorties du giron de Yes (« Under the eye of the Sun »). En jouant des joutes acoustique-électrique, At the Edge of Light taquine même Mark Knopfler (« Underground Railroad » dans sa première partie) alors que les soli s’enchaînent avec un certain vertige sans jamais tomber dans l’excès (« Beast in Our Time »).

Toujours gourmand sur les instruments traditionnels ou exotiques (tar, duduk, didgeridoo, sitar) les titres proposés restent plutôt ramassés, si l’on excepte les onze minutes de « Those Golden Wings », suite avec orchestration, guitare classique et une rythmique portée ensuite par Nick D’Virgilio et Jonas Reingold. Excusez du peu ! Certes, l’album n’évite pas quelques accents un peu trop sucrés (« Hungry Years ») sans que cela ne brise son élan avant de conclure par un dernier morceau à tiroirs séparé ici en trois parties enthousiasmantes (« Descent », « Conflict », « Peace »).

Au final, on ne pourra guère reprocher grand chose à cet album très solide qui nous prouve que la constance a ses vertus, hormis, peut-être son univers sonique un peu trop usité, avec une production de Roger King un peu trop bordée pour véritablement surprendre. Le son de Steve Hackett est bien là, mais le guitariste pourrait se laisser tenter à lézarder vers quelque chose de plus audacieux, de moins confortable. Et laisser la surprise emporter définitivement la mise.

STEVE HACKETT – AT THE EDGE OF LIGHT

Steve Hackett - At the Edge of Light (2019)

Title: At the Edge of Light
Artist: Steve Hackett

Year: 2019
Country: Angleterre
Duration: 54’22
Label : Inside Out

Setlist

1. Fallen Walls And Pedestals (2:17)
2. Beasts In Our Time (6:20)
3. Under The Eye Of The Sun (7:07)
4. Underground Railroad (6:22)
5. Those Golden Wings (11:19)
6. Shadow And Flame (4:24)
7. Hungry Years (4:34)
8. Descent (4:20)
9. Conflict (2:36)
10. Peace (5:03)

Line-up

– Steve Hackett / electric & acoustic guitars, oud, charango, sitar guitar, harmonica, vocals, co-producer

With:
– Durga / vocals
– Loreley / vocals
– Nick D’Virgilio / drums
– Simon Phillips / drums
– Sheema / sitar
– Gulli Briem / drums, percussion
– Malik Mansurov / tar
– Jonas Reingold / bass
– Paul Stillwell / didgeridoo
– Rob Townsend / sax, bass clarinet, duduk
– Amanda Lehmann / vocals
– John Hackett / flute
– Gary O’Toole / drums
– Roger King / keyboards & programming, co-producer, mixing & mastering
– Ben Fenner / keyboards
– Dick Driver / double bass
– Christine Townsend / violin, viola

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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