Sky Architect - Nomad
4.5Note Finale

Et de quatre, ça aura pris un peu de temps avant d’arriver, mais enfin on le tient ce nouvel album de Sky Architect. Mine de rien ce quintet de jeune bataves est en train de se faire un nom respecté sur la scène progressive et leurs sorties sont désormais guettées attentivement. Articulé autour de deux longues suites séparées en deux parties, Nomad est à la fois plus abouti, plus abordable certainement plus accessible que son aîné A Billion Years of Solitude. Quatre années de travail, de compositions collégiales auront accouché de ce résultat toujours teinté d’influences Crimsonniennes (la deuxième partie torturée de « Wasteland« ) et d’autres plus jazzy (« Race To The Sun« ).

La première longue suite, « Endless Roads« , visite en peu moins de 12 minutes tous les schémas du progressif traditionnel des années 70. Après une intro aux senteurs orientale, envoûtante, saupoudrée de trompettes, le morceau explose avec une belle énergie, on pense à certains titres de Neal Morse pour l’aspect musical. La deuxième partie du morceau est plus soft, plus planante, plus néo prog dans l’esprit aussi. L’apport des trompettes, légères, donne la touche d’originalité qui fait que ce titre, déjà fort beau, tutoie les sommets. Cette partie est quasi instrumentale, seul le thème de départ est repris, avec le chant sur le final. « Nomad » rappelle parfois le Spock’s Beard déjanté des débuts : des voix en canons, des sections instrumentales délirantes et sautillantes entrecoupées de passages plus traditionnels et posées avec du chant sur fond de flûte ou de mellotron. « Dune » et « Race To The Sun » sont deux titres plus concis, les plus accessibles et accrocheurs, le premier construit autour d’un thème guitare/batterie, au son très seventies, et au final accéléré évoquant parfaitement la pochette avec ce nomade dévalant une dune de sable. « Race To The Sun » est le titre le plus jazzy, dès l’intro, où l’orgue mène la danse la couleur est annoncée. Pour autant les parties de guitares sonneront aussi comme ce que le groupe propose de plus expérimental sur cet opus. Après une intro qui me ferait presque penser à Supertramp, « Sandwalker » se mue en morceau de métal-progressif plus lourd entrecoupé de passages atmosphériques… J’accroche moins, probablement à cause du chant qui se fait ici plus maniéré, avec un phrasé différent de celui qu’on connait habituellement à Tom Luchies.

La dernière suite « Into Singularity » est comme la première divisée en deux partie pour un petit quart d’heure au total. On repart ici sur un thème un peu oriental avec force trompettes en appui de la guitare. La basse reprend un thème similaire à « Race To The Sun » et le morceau et fur et à mesure change de directions, avec moult breaks et choeurs rappelant encore Neal Morse, Spock’s Beard ou Transatlantic. Moins jazzy, plus progressif, plus ‘déconstruit’, ce titre, avec « Endless Roads » tire vraiment l’album vers l’excellence. Retour réussi pour les hollandais qui rendent avec Nomad une de leur meilleures copies. Chaudement recommandé.

SKY ARCHITECT – NOMAD

Sky Architect - Nomad (2017)

Titre : Nomad
Artiste : Sky Architect

Date de sortie : 2017
Pays : Pays-Bas
Durée : 59’22
Label : Bad Elephant Music

Setlist

1. Wasteland (8:04)
2. Endless Roads (11:21)
3. Nomad (6:50)
4. Dune (6:26)
5. Sandwalker (9:30)
6. Race To The Sun (5:29)
7. Into Singularity (11:42) 

Line-up

– Tom Luchies / vocals, guitars
– Wabe Wieringa / guitars, producing & mixing
– Rik van Honk / keyboards, trumpet, flugelhorn, backing vocals
– Guus van Mierlo / bass
– Chistiaan Bruin / drums, percussion, backing vocals

 

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