Paul McCartney « One on One »
AccorHotel Arena – Paris
30 mai 2016

Si j’avais pu croire ne serait-ce qu’une seconde , il y a un peu de plus de cinquante ans que je réécouterai encore la musique des Beatles aujourd’hui, et de surcroît que j’assisterai à un concert d’un de ses fondateurs le bien nommé Sir Paul McCartney – et bien je n’ aurais certainement jamais imaginé une chose pareille.

Car j’avoue humblement, moi grand fan des Beatles depuis leurs débuts en 1963, j’ai honte, je ne les avais jamais vus sur scène, mais comme on dit dans les chaumières « mieux vaut tard que jamais« .

Tant de temps s’étant écoulé après cette année 1963, et tant de choses se sont passées mais j’avais enfin devant moi une des dernières légendes vivantes du rock Paul McCartney en chair et en os, et ce pour la toute première fois de ma vie d’amoureux de musique – c’est dire si l’attente fut longue.

C’est dans une ambiance surchauffée et devant une salle bourrée à craquer (les billets s’étant vendus en même pas une journée) qu’ avec une heure de retard le pape de la « pop » entra sur la grande scène de l’AccorHotel Arena de Bercy, suivi de ses musiciens, tous prêts à en découdre avec un public qui n’attendait que ça.

Paulo avait décidé pour cette tournée de nous en mettre plein les oreilles (et plein les yeux), en attaquant sec avec un des titres les plus emblématiques de la première époque des Beatles « A Hard Day’s Night« , et dieu sait s’il avait bien raison car les fans présents étaient en extase.

Paul McCartney

La scène était quant à elle entourée de deux méga écrans sur lesquels, en plus des musiciens, on pouvait voir des light show de toute beauté, Paul avait apparemment soigné énormément le visuel de cette tournée appelée « One on One ».

Il enchaînât dès le troisième titre avec « Can’t Buy Me Love« , et l’on comprit de suite que la soirée serait consacrée, dans sa quasi intégralité aux légendaires Fab Four.

Pour ce faire, les quatre musicos qui accompagnent Paulo depuis dix ans, étaient encore au rendez vous et assuraient comme des bêtes, ce doit être tellement jouissif et existant de rejouer des chansons si fortes.

Petite incartade néanmoins, car Paul destina une chanson (« My Valentine« ) pour sa nouvelle femme Nancy ainsi qu’une autre pour les fans des Wings (« Nineteen Hundred and Eighty Five« ) de façon à faire plaisir à tout le monde – ainsi il évoqua aussi le grand Jimmy Hendrix avec l’intro de « Foxy Lady« .

Ce fut une bonne vingtaine de chansons inoubliables des Quatre garçons dans le vent que Macca devait nous interpréter durant cette soirée qui fut très riche en évènements d’une grande intensité émotionnelle.

Le premier résida durant l’intro de « Maybe I’m Amazed » que Paul dédia à son ancienne épouse Linda (à présent décédée) et qu’il n’a sans doute jamais oublié.

Après cela on repartait sur du Beatles avec « We Can Work It out » et puis Paul évoqua les Quarry Men qui fut l’ancêtre des quatre de Liverpool sur le titre « In spirit Of All the Danger« .

En effet Paul, George et John débutèrent à la fin des sixties dans cette formation avant de devenir un des plus grands groupes de musique du vingtième siècle.

On est heureux de voir ce musicien de soixante douze balais, « cool » comme c’est pas permis, tenant sa basse d’origine et naviguer aisément entre piano, guitare, acoustique ou électrique, beaucoup de « pseudo » musiciens actuels pourraient en prendre de la graine.

Il s’adressa à plusieurs reprises au public, mais en français, disant sa joie de jouer à Paris ce soir là.

Le deuxième moment très fort de la soirée fut en intro de « Love Me Do » lorsque Paul dédia ce titre à leur prestigieux producteur George Martin que l’on appelait couramment le cinquième Beatle.

Ce fut seul avec sa guitare acoustique que Paul nous chanta « Blackbird » , cette belle chanson tirée du « double blanc ».

Cette liste d’hommages n’aurait pas pu être complète sans que Paul n’évoque son alter ego, « son ami John » comme il nous le dit en français sur l’intro de « Here Today« , qu’il devait interpréter en solo – on ne dira jamais assez combien cette complicité musicale entre ces deux grands mélodistes fut riche et tellement prolifique – leur musique ne mourra jamais, ces compos ne vieillissant pas d’un pouce.

Preuve en est le sublime « The Fool On The Hill » que Paul nous interpréta dans la foulée assis devant son beau piano aux couleurs très »Magical Mystery Tour » (il en joua de deux différents au cours du concert) – encore un morceau magnifique s’il en est, cette compo Lennon Mc Cartney est à graver dans les anales.

Paul McCartney

Chose assez étrange et inattendue, le public se mit juste après à entonner « Give Peace A Chance« , de Lennon, le « V » tendu comme emblème – cet hymne à la paix qui a marqué toute la génération des seventies, démontrant pour le coup que les idées de John lui ont survécu.

Surpris, mais enchanté par cette réaction, Paul reprit le refrain et enchaîna sur un « Lady Madonna » de folie, dont l’intro au piano souleva une fois de plus le délire de la foule – hystérique comme à la grande époque des Beatles.

Paul semblait ravi, il nous dit en français que la chanson « Michèle »qui suivait était la seule que les Beatles connaissaient dans notre langue, le public n’attendait que ça pour chanter en cœur, ce fut fabuleux.

D’ailleurs après ce titre les cinq musiciens avaient pris des drapeaux français et anglais qu’ils nous balançaient par dessus tête.

Cette fabuleuse ambiance qui régnait ce soir là à Bercy ne faiblira cependant jamais, le public était venu pour faire la fête, et c’est ce qu’il fit durant tout le show.

Puis après un « Eleonore Rigby » d’anthologie, Paulo nous gratifia d’un de mes titres préférés des Beatles « Benefit For The M.Kite« , tiré de « Sergent Peppers » lui aussi mon album fétiche que je considère comme un des précurseurs de la musique progressive avec le titre « A day In A Life » (pas joué ce soir) et qui devait arriver peut de temps après – le public (et moi le premier) étions aux anges.

Après cela, ce fut un épisode imprévu au programme, des fans tenait une banderole sur laquelle ils avaient écrit « Mary us« , Paul les fit monter sur scène et leur fit simuler une demande en mariage, cela restera je pense un des meilleurs moments de leur existence.

Puis ce fut après cela encore un moment de vive émotion, lorsque Paul rendit hommage à son »fréro » George (en français), sur la superbe intro de « Something« , morceau génial de Abbey Road.

On a eu droit malgré tout à quelque titres des Wings dont un des meilleurs « Band On The Run », enchaîné avec « Back in USSR« , c’était magique;

S’en suivi un « Let It Be » poignant qui précédait le morceau « Live and Let die » des Wings au cours duquel des exposions pyrotechniques splendides et impressionnantes sur le devant de la scène devaient scotcher le public ébahit.

Paul McCartney

Ce fut le coup de grâce, on en avait pris plein les oreilles et plein les yeux lorsque les premières notes de « Hey Jude » retentirent, ce fut un tonnerre d’applaudissements, toute la salle était debout reprenant le refrain à n’en plus finir.

C’était la fin du set, Paul et ses musiciens nous saluèrent largement et quittèrent la scène visiblement heureux.

Paul revint tout seul et reprit sa gratte seiche pour nous interpréter en solo « Yesterday« , pour ce rappel, ça émotionnait pas mal dans la salle, il est vrai que c’est SA chanson et peut être LA chanson des Beatles qui a le plus marqué les esprits.

L’émotion était à son comble, le groupe reprenait place pour attaquer un final tout aussi monstrueux que ce qui avait précédé et c’est sur le fameux morceau à tiroirs »Carry That Weight » et de « The End« , que devait se terminer au bout de trois bonnes heures ce show magistral que Paul McCartney nous réserva.

Juste à la fin, une pluie de petits papiers bleu, blancs, rouges tombait des cintres sur un public qui n’en croyait pas ses yeux, moi le premier, mais vraiment, pour assister à un tel évènement, ça valait le coup d’attendre cinquante ans!!

Et pour couronner le tout, une partie du public qui se trouvait dans le métro reprenait le refrain  » la, la, la,lalala » de « Hey Jude« , de mémoire de parisien, je n’avais jamais vu ni entendu ça, les « Beatles for ever » je vous dis que ça.

Setlist

A Hard Day’s Night
Save Us
Can’t Buy Me Love
Letting Go
Temporary Secretary
Let Me Roll It
I’ve Got a Feeling
My Valentine
Nineteen Hundred and Eighty-Five
Here, There and Everywhere
Maybe I’m Amazed
We Can Work It Out
In Spite of All the Danger
You Won’t See Me
Love Me Do
And I Love Her
Blackbird
Here Today
Queenie Eye
New
The Fool on the Hill
Lady Madonna
FourFiveSeconds
Michele
Eleanor Rigby
Being for the Benefit of Mr. Kite!
Something
(The Beatles song) (tribute to George Harrison)
Ob-La-Di, Ob-La-Da
Band on the Run
Back in the U.S.S.R
Let It Be
Live and Let Die
Hey Jude

Encore:

Yesterday
Hi, Hi, Hi
Birthday
Golden Slumbers
Carry That Weight
The End

Line up

Paul McCartney – lead vocal – bass/ guitars
Paul « Wix » Wickens  -(keyboards)
Brian Ray  -(bass/guitar),
Rusty Anderson –  (guitar)
Abe Laboriel Jr  – (drums)

A propos de l'auteur

Daniel Sebon

Salut à tous je suis Dany , nouvellement chroniqueur sur Amarokprog et anciennement sur Koid9 et progressivearea, je collabore aussi sur Lebolg du jester. Grand amoureux de musique devant l’éternel, et de musiques progressives au sens large du terme. J’ai été bercé aux sons du « Segent peppers » des Beatles, puis ensuite je n’ai jamais lâché la musique qui représente un peu mon oxygène. Après j’ai passé ma vie en écoutant Hendrix, Genesis, Floyd ,Marillion, Mike Oldfield, Tull, Yes, Ange Camel (entres autres génies que j’ai aimé) tout en découvrant les plus récents, Steve Wilson, Riverside, Gazpacho, Dream Theater, The Watch, Anathema.(entres autres très belles découvertes qui sont venues après. Puis la musique planante m’ aussi bien accompagné telle, Tangerine Dream ,Vangelis, Klauz Schulsz. Sans parlé aussi de la période « jazz rock » qui m’a bien plue jadis « au temps de Pierre et Gladys », telle Mahavischnu Orchestra, Chick Corea, Al Dimeola, Pat Metheny, voilà quelques perles qui ont émaillé ma longue vie d’aficionados et je compte bien par le biais d’Amarokprog, en découvrir d’autres et vous en faire découvrir. Progresssivement votre Dany