Palefeather - Palefeather
4.5Note Finale

Il est des albums qu’il vaut mieux écouter en automne ou en hiver qu’un soir de bal du 14 juillet. Palefeather fait partie de ces disques nostalgiques, mélancoliques que savent si bien nous produire les groupes scandinaves. Palefeather nous vient en effet du froid. Le trio est constitué de Pierre Stam (guitares, basse, claviers), Bjorn Pettersson (guitares) et Robin Bergh (batterie), trois suédois édités par le label norvégien Aftermath. Les trois hommes nous offrent avec ce premier album un disque entièrement instrumental, mélancolique, planant, ancré dans les ambiances du début des années 70 et illustrant une phase de mythologie scandinave.

On pense naturellement au Pink Floyd d’avant 75 en écoutant l’album, en particulier la somptueuse suite d’ouverture “Megaloceros Giganteus“, mais un Pink Floyd qui se serait abreuvé d’influences Landberk (période Indian Summer) ou des morceaux les plus planants d’Anekdoten ( “From Within” ou “Sad Rain” ). “Megaloceros Giganteus” illustre pendant une vingtaine de minutes, la construction aux temps anciens de cerfs d’ivoires et de mousse que les géants de la mythologie utilisaient pour voir par-delà les montagnes. Après une introduction de guitare dont la construction pourrait rappeler les premières minutes de “Shine on you crazy diamond” jouée par Reine Fiske, le morceau se développe sur des thèmes lents, langoureux, parfois répétitifs portés par des nappes de synthés et de mellotron et liés par les mélodies de guitares. “The trumpeter” poursuit l’histoire précédente, ou le peuple effrayé par la création des géants, envoie un trompettiste apaiser le cerf géant avec une mélodie enchantée. Le morceau est assez court (6mn) , langoureux et construit sur un schéma très post-rock. Sur une première base de claviers (piano, mellotron) vient se poser une guitare jouée à l’archet. La mélodie, sujet du morceau, est symbolisée par violons et autres cordes (joués au synthés) qui vers la fin du titre va emporter ce cerf , puis retomber sur le thème de départ des premières minutes. Sur “Rombol” un homme rendu plus fort par le pouvoir des dieux décide de partir combattre la bête. Le morceau se veut plus tourmenté, plus sombre, illustration de l’état d’âme du personnage. Encore une fois, la guitare très planante, voire gilmourienne fait des miracles, superposées à des claviers aériens. “Palefeather Wind” termine l’album en apothéose, racontant la dernière bataille où l’homme juché sur un étalon va vaincre le monstre. La première moitié du morceau est assez semblable à la longue suite du début avant un break de rythme et se terminer sur une mélodie apaisante encore une fois très floydienne.

Ce premier album est somptueux, mélancolique, automnal. A écouter allongé dans la pénombre au coin du feu. Il vous fera décoller et planer pendant 47mn. Un des must de l’année.

Cet article est également paru dans le n° 91 de Koid9 magazine

PALEFEATHER – PALEFEATHER

Palefeather - Palefeather (2014)

Titre : Palefeather
Artiste : Huis

Date de sortie : 2014
Pays : Suède
Durée : 47′
Label : Aftermath

Setlist

Line-up

Bjorn Pettersson (In Mourning, Majalis) on guitar,
Pierre Stam (In Mourning, ex-October Tide) on guitar, bass, & keyboards,
Robin Bergh (October Tide, Aoria) on drums & percussion

 

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