Pale Rider
4.3Note Finale

Troisième western réalisé par , Pale Rider revenait aux sources de l’Homme sans nom, ce héros solitaire qui fournit la justice au détriment de sa propre « existence ». En incarnant le Prédicateur, joue une nouvelle fois avec son image et sa filmographie dans un dérèglement plus poussé. Ici, les stigmates qu’il présente comme autant de blessures mortelles et morales le transforme immédiatement en ersatz d’ange exterminateur, revenu de l’au-delà pour imposer sa justice avant de repartir pour le grand nulle part des monts enneigés. Christique. Cette interlude de résurrection, similaire à L’Homme des Hautes Plaines, et Josey Wales Hors la Loi, inscrit Pale Rider dans un récit qui déborde de film en film. Si l’ombre de Leone plane encore sur cette mythologie en marche (les longs manteaux etc.) et quoi que l’histoire  emprunte largement à L’Homme des Vallées Perdues de George Stevens, c’est avant tout dans un esprit de solde de tout compte car la réalisation, le rythme et les ambiances portent à chaque instant la patte du cinéaste. En jouant de tous les paradoxes (le prêtre devient un symbole quasi sexuel pour les personnages féminins qui n’hésitent pas à lui déclarer leur flamme), n’évacuant aucune violence pour parvenir à ses fins, Pale Rider se fond dans un moule moins académique que certains pouvaient le penser. Pour la première fois en compétition à Cannes, permettait au western de revenir au galop avec une œuvre obsédée par la déglingue. Rien d’étonnant de la part du réalisateur/acteur dont le rapport à son propre statut, à son propre corps relevait d’une forme de masochisme obstiné. A partir de ce film, il commencera enfin à être pris au sérieux. Il était temps.

ENGLISH VERSION

PALE RIDER

Welcome to the third western directed by Clint Eastwood! For Pale Rider, the actor/director returned to the roots of the Nameless Man, the lonely hero who provides justice at the expense of his own “existence“. By embodying the Preacher, Clint Eastwood once again plays with his image and filmography in a further disruption. Here, the stigmas he presents as so many deadly and moral wounds immediately transform him into an exterminating angel’s substitute, returning from the afterlife to impose his justice before leaving for the great nowhere in the snow-covered mountains. Very christic! This schema, similar to The High Plains Drifter, and The Oultaw Josey Wales, inscribes Pale Rider in a story that is overflowing from film to film. If Leone‘s shadow still hangs over this moving mythology (long coats etc.) and although the story is very similar to George StevensShane, it is above all in a spirit of balance because the filmmaker’s direction, rhythm and moods always carry his mark. By playing all the paradoxes (the priest becomes an almost sexual symbol for the female characters who do not hesitate to declare their love for him), not evacuating any violence to achieve his goals, Pale Rider blends into a less academic mould than some might have thought. For the first time in competition at Cannes Film Festival, Clint Eastwood allowed the western to come back with a movie obsessed with his own legend. Not surprisingly, the director/actor whose relationship to his own status, to his own body, was a form of obstinate masochism. From this film, he will finally start to be taken seriously. Finally!

Pale Rider - Clint Eastwood (1985)

Titre : Pale Rider, le Cavalier Solitaire
Titre original : Pale Rider

Réalisé par : Clint Eastwood
Avec : Clint Eastwood, Michael Moriarty, Carrie Snodgress, Richard A. Dysart…

Année de sortie : 1985
Durée : 115 minutes

Scénario : Michael Butler, Dennis Shryack
Montage: Joel Cox
Image : Bruce Surtees
Musique : Lennie Niehaus

Nationalité : États-Unis
Genre : Policier

Synopsis : Les derniers chercheurs d’or indépendants de LaHood, bourgade minière de Californie, sont harcelés par la bande de Coy LaHood, fondateur de la ville qui veut s’approprier leur concession. Au moment où les mineurs pacifiques sont prêts à abandonner la lutte, surgit de la montagne un cavalier solitaire tout de noir vêtu. Nul ne connaît son nom, son passé, ses origines. Hull Barret, opposé depuis longtemps à Coy LaHood, l’accueille sous son toit. L’homme ne va pas tarder à prouver ses qualités de tireur...

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