Pain of Salvation - In the Passing Light of Day
3.8Note Finale

Décidemment, Daniel Gildenlöw n’en finit plus de ressasser le passé. Passé tout prêt d’y passer suite à une infection bénigne détectée en 2014, c’est finalement un streptocoque nécrosant qui est diagnostiqué. Conséquence, trois mois d’hôpital, opération chirurgicale et séances de rééducation pour remarcher, repartir de plus belle. Le concept de ce dixième album était tout trouvé. En se focalisant sur la maladie, Gildenlöw en profite pour revenir à un style fait de déflagrations et d’énergie brute. Entropia (1997) en ligne de mire. Moins rugueux que les deux volets Road Salt, les suédois reviennent au gros son d’origine avec une énergie décuplée. Gildenlöw, en profite pour traiter des thèmes très personnels, exorciser toutes les pulsions et pensées venues de son expérience : sa propre mort (« On a Tuesday »), ses croyances (« Tongue of God »), ses doutes (« Angels of Broken Things »), ses espoirs (« Reasons »), son amour pour ses proches (« Silent Gold »), le tout saupoudré d’une possible renaissance (« The Passing Light of Day »).

Autour d’une grosse rythmique partagée entre la batterie du français Léo Margarit et la basse proéminente de Gustaf Hielm (ex Meshuggah), les musiciens s’en donnent à cœur joie dans le bestiaire métal. Cela ne les empêche pas de tenter quelques harmonies vocales (« Reasons »), des apartés jazzy, des dissonances étonnantes (« On a Tuesday »). Au centre du jeu (évidemment), Gildenlöw (seul membre d’origine encore présent) est littéralement habité par ses textes, il hurle, sussurre, pousse l’introspection à la limite de l’autocentrée glauque (voir le clip de « Meaningless » reprise d’un titre écrit par Ragnar Zolberg pour son ancien groupe, Sign), évite toute délicatesse en trop et nous fracasse à volonté avec un sentiment de coups de poings permanents. Le KO n’est pas loin. Cet apparent manque de subtilité (« Silent Gold », « Angles of Broken Things », « The Taming of the Beast » et le superbe morceau titre de quinze minutes n’en sont pas dépourvus) pourra extasier les amateurs de métal brutal, ultra-technique aux finitions d’orfèvre, les autres pourront très bien lui préférer Remedy Lane (2002) ou Be (2004) et trouver cet exercice de résilience massive et mastoc un peu longuet (71 minutes) et complaisant. Quoi qu’il en soit, une œuvre saisissante qui ne laisse pas indifférent. Une expérience à tenter en connaissance de cause.

PAIN OF SALVATION – IN THE PASSING LIGHT OF DAY

Pain of Salvation - In the Passing Light of Day (2017)

Titre : In the Passing Light of Day
Artiste : Pain of Salvation

Date de sortie : 2017
Durée : 71’46
Label : InsideOut

Setlist

1. On A Tuesday (10:22)
2. Tongue Of God (04:53)
3. Meaningless (04:47)
4. Silent Gold (03:23)
5. Full Throttle Tribe (09:05)
6. Reasons (04:45)
7. Angels Of Broken Things (06:24)
8. The Taming Of A Beast (06:33)
9. If This Is The End (06:03)
10. The Passing Light Of Day (15:31)

Line-up

Daniel Gildenlöw / vocals, guitars
Ragnar Zolberg / guitars, vocals
Daniel D2 Karlsson / keyboards, backing vocals
Gustaf Hielm / bass, backing vocals
Léo Margarit / drums, backing vocals

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre d'ailleurs (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?