Paidarion - Two Worlds Encounter
4.0Note Finale

Paidarion, ici renommé Paidarion Finlandia Project est une formation finlandaise hébergée sur le label de Samurai of Prog et dont ils reprennent à la fois le concept de groupe à géométrie variable et l’identité graphique. Comme pour les précités, c’est en effet un artwork magnifique de Ed Unitsky qui illustre le digipack en trois volets et le livret de ce disque. Articulé autour de Jan Olof Strandberg (basses) et Kimmo Pörsti aussi membre des Samurai of Prog (batterie), le groupe invite au fil de ses albums (ici le troisième) des invités dont la contribution ne s’arrête pas forcément à l’interprétation. C’est le cas ici avec la présence à la guitare acoustique et aux claviers de Robert Webb qui fut le leader d’England il y a quelques années et qui co-signe plusieurs titres. L’album, et c’est peut-être une des raisons du renommage du groupe, alterne compositions originales, reprise du premier opus de Paidarion ou le chant était en finnois avec des paroles anglaises ou encore une reprise du “Horsemen To Symphinity” de Windchase (groupe de Mario Millo et Toivo Plit qui succéda au fameux Sebastian Hardie). La première moitié de l’album est chanté par une femme, Jenny Darren, qui a démarré dans les années 70 en ouvrant pour AC/DC ou Patti Smith. Elle a une voix très puissante, beaucoup de coffre et en même temps est capable de subtilité avec un timbre qui évoque parfois Maggie Reilly (“Colin And Wendy“, “Fragile Bridge“) ou dans un registre opposé les cantatrices blacks de la motown (“Ode To Billie Joe” : reprise d’un blues de Bobbie Gentry).  La fin de l’album est chantée par Kev Moore qu’on a plus connu dans un registre hard-rock et par Robert Webb. Le line-up est complété par le hongrois Akos Bogati-Bokor (Yesterdays) aux guitares électriques et le finnois Otso Pakarinen aux claviers. La première impression qui ressort de l’écoute est le plaisir de jouer ensemble que semble avoir ces musiciens d’horizons différents. Même sur un album studio, ça transpire.

Les morceaux ont tous un format assez court, pas de longue suite au programme, mais des titres assez travaillés et qui ne tombent jamais dans la routine ou la facilité. Les trois premiers, signés Robert Webb, Jenny Darren et Kimmo Pörsti sont certainement les plus progressifs au sens classique du terme, avec une solide introduction de claviers et de superbes parties de guitares (“Colin And Wendy“) quelques touches acoustiques californiennes qui se muent en prog puissant (“Billy Would Climb“) ou encore le plutôt folk “Fragile Bridge” (reprise de “Hauras Silta“)/ “Jungle Fever” est la première reprise du disque (Neil Larsen) et tutoie le jazz/rock/fusion, je suis moins convaincu par ce titre, qui s’il groove bien, détonne un peu sur le disque. Ceci étant on peut y entendre des grilles de basse où Jan Olof se fait plaisir et démontre sa classe. “Yellow” est une reprise de England, qui démarre comme “Soon” de Yes avant que des cordes ne prennent la place du mellotron de la version originale, un titre qui sonne très pastoral et qui est vraiment très doux avec presque uniquement la guitare acoustique de Webb pour driver l’ensemble. “Grand Canyon Of My Dreams” signée Darren/Webb sonne très prog symphonique avec beaucoup de cordes qui donnent sur le chant une sensation d’espace en rapport avec le titre. “Cloudberry Sky” est un court intermède acoustique où Akos Bogati-Bokor nous montre qu’il a tout retenu de Steve Hackett… Les derniers morceaux sont chantés par Kev Moore : “Horsemen To Symphinity” est avec “Colin And Wendy” mon coup de cœur. La section rythmique (basse fretless/batterie) y est somptueuse et on y retrouve la musicalité et les mélodie façon Camel qu’on appréciait chez les australiens de Windchase/Sebastian Hardie. Robert Webb signe et chante “Why Oh Why“, un morceau dispensable un peu pop facile que je ne trouve pas très inspiré… et le disque se termine sur le superbe “Hahmo“, version anglaise du même titre finnois encore tiré du premier album, nappes de claviers aériennes et mystérieuses et soli de guitares inventifs sur basse fretless sont au programme ici, j’adore.

L’album porte bien son titre en mêlant dans son contenu le son scandinave et celui du progressif américain ou ouest-européen. Il en ressort un certain déséquilibre avec deux ou trois titres qui détonnent un peu et un disque qui sonne plus comme une compilation qu’un album original. Pour autant, sur ses 58 min, plus de 45 sont franchement jouissives. La production est de plus impeccable et procure un grand plaisir d’écoute.

PAIDARION – TWO WORLDS ENCOUNTER

Paidarion - Two Worlds Encounter (2016)

Titre : Two Worlds Encounter
Artiste : Paidarion

Date de sortie : 2017
Pays : Finlande
Durée : 56’46
Label : Seacrest Oy

Setlist

1. Colin And Wendy (5:31)
2. Billy Would Climb (4:26)
3. Fragile Bridge (5:00)
4. Jungle Fever (5:36)
5. Yellow (5:31)
6. Ode To Billie Joe (6:12)
7. Cloudberry Sky (1:36)
8. Grand Canyon Of My Dreams (5:08)
9. Horseman To Symphinity (8:28)
10. Why Oh Why (2:57)
11. Hahmo (6:21)

Line-up

– Jan-Olof Strandberg / fretless and fretted bass
– Kimmo Pörsti (Mist Season, The Samurai of Prog) / drums
– Jenny Darren / vocals
– Robert Webb (England) / keys, acoustic guitar, vocals
– Otso Pakarinen / keyboards, synth
– Kev Moore / vocals
– Bogáti-Bokor Ákos (Yesterdays) / electric and acoustic guitars, backing vocals

 

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