Neal Morse - One
4.8TOP 2004

Neal Morse n’a jamais chômé ! Résumé des faits : 2002 – sortie du double album Snow et connexion privée avec Dieu himself pour le grand saut du train Spock’s Beard, désormais lancé à toute allure et sans conducteur. Direction, une carrière solo entamée dans la foulée avec un pavé testamentaire (Testimony, 2003). Trajectoire rectiligne, double DVD live quelques mois plus tard et un nouvel avatar en poche sur l’atelier, sobrement intitulé One. Après la mise à jour de son carnet intime, notre ami repartait de l’avant, plus inspiré que jamais. Nouveau départ ? Rien de moins sûr ! En ligne de mire, voici un concept sauce modestie : transposer le passage de la Genèse à la Révélation du grand livre cosmique sur fond de fils prodigue. Tout un programme… mais en toute simplicité, notre ami s’en retournait faire ses gammes progressives avec tout son talent de mélodiste. Sans conteste plus énergique que Testimony, cet album flirte carrément avec le métal et s’orne de ses plus beaux oripeaux, aidé une nouvelle fois par le Massey Ferguson des fûts, Mike Portnoy et le bassiste Randy George.

Le passé étant ce qu’il est, cette Odyssée renoue le fil de Spock’s Beard sur l’hispanisant “Help Me The Spirit And The Flesh” et les successions acoustico-électriques si chères à Transatlantic mais One va bien au-delà de l’optique fonctionnelle de la musique comme habillage d’un discours que l’on pourrait forcément discuter. Démarrant sur le thème principal de son précédent album, nous voici entraînés dans une série de morceaux plutôt raides et faussement apaisés, pleins d’électricité orageuse et de vibrations métalliques. Entre deux galops de claviers bavards (“Reunion“), de choeurs vibrants (“Father of Forgiveness“) et de guitares nerveuses (“The Separated Man“), Neal mords dans les couplets avec un bonheur incandescent – la patte indélébile de ses redoutables vocalises.

Dans son effort continuel pour produire de la bonne musique, le recyclage du système alterne une nouvelle fois les ballades élégiaques (“The Man’s Gone” merveilleux de finesse, “Cradle To The Grave” carrément irrésistible) et les sommets de progression en spirale (“The Creation“). Cet album, grande réussite à la limite de l’indigeste, devient alors une collection complète de la production estampillée Neal Morse. L’ensemble évite brillamment le soufflé rassis mais pourra en énerver certains tant son discours nécessitera un petit effort aux réfractaires de théologie pompière tendance éléphantesque mais également la redondance de ses thèmes (les échos de “Sing It High“, “The Light” ou “The Great Nothing“) qui l’exposait déjà à user des mêmes recettes au risque de sembler tourner en rond. Il y a des lauriers moins confortables, certes. Qu’à cela ne tienne ! Envolées lyriques, hydrauliques, et mélodies douces-amères s’enchaînent à la recherche d’horizons sonores pluriels, et sauront vous procurer une nouvelle dose de sensations fortes sans jamais sombrer dans le putassier. Du haut de gamme étincellant, remplis jusqu’à la gorge (79’58). Ne lui manque que le culot et la conviction de trouver de nouvelles voies à explorer ce qu’il fera dès l’album suivant avec son chef-d’œuvre Question Mark.

NEAL MORSE – ONE

Neal Morse - One (2004)

Titre : One
Artiste : Neal Morse

Date de sortie : 2004
Pays : États-Unis
Durée : 79’55
Label : Inside Out

Setlist

1. The Creation (18:22)
I) One Mind
II) In a Perfect Light
III) Where Are You?
IV) Reaching from the Heart
2. The Man’s Gone (2:50)
3. Author of Confusion (9:30)
4. The Separated Man (17:58)
I) I’m in a Cage
II) I am The Man
III) The Man’s Gone (Reprise)
IV) Something Within Me Remembers
5. Cradle to the Grave (4:55)
6. Help Me/The Spirit and the Flesh (11:13)
7. Father of Forgiveness (5:46)
8. Reunion (9:11)
I) No Separation
II) Grand Finale
III) Make Us One

Line-up

– Neal Morse / keyboards, guitars, vocals
– Randy George / bass
– Mike Portnoy / drums

Additional musicians and special guests:
– Phil Keaggy / electric guitar solo in “The Creaton” at 8:19, acoustic guitar solo in “The Man’s gone” (Reprise), 2nd lead vocal on “Cradle to the Grave”
– Chris Carmichael / violin, viola & background vocals
– Gene Miller / additional vocals
– Rick Altizer / additional vocals
– Michael Thurman / French horn
– Rachel Rigdon / violin
– Hannah Vanderpool / cello
– Dave Jacques / string bass
– Jim Hoke / saxophone
– Neil Rosengarden / trumpet
– Bill Huber / trombone
– Glenn Caruba / percussion
– Aaron Marshall / background vocals
– Missy Hale / background vocals

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A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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