Neal Morse - Lifeline
4.0Note Finale

Il fût un temps, au début des années 2000, où l’on attendait que Neal Morse mette un pied, voire les deux, sur la pédale de frein d’une discographie à la propension apparemment exponentielle. De Spock’s Beard à Transatlantic, en passant par une carrière solo incrustée d’un mysticisme envahissant, le décompte dépassait facilement la douzaine d’albums studio, sans compter les enregistrements live, ni les panouilles effectuées ici et là pour les copains (Roine Stolt, Dream Theater) ou la famille (Alan Morse & Richard). Avec toute cette musique habitée, qui ne fait pas forcément rigoler tout le monde, on pouvait légitimement se demander si le padre allait se diluer dans la masse et finir par laisser filer le train. L’écoute du nouvel album intitulé Lifeline allait évidemment chatouiller cette crainte galopante chez les moins regardants.

La première chose à dire, c’est qu’il est toujours difficile, voire impossible, de contester son exceptionnel talent de mélodiste tant la musique dévoilée, si elle use et abuse des recettes approuvées et éprouvées de ses expériences passées, ne se lasse pas d’un façonnage dont le processus de fabrication respecte scrupuleusement les règles habituelles. Et si Lifeline ne développe aucun concept comme ce fût le cas sur Question Mark (2005) ou Sola Scriptura (2007), il revient dans le giron des albums autobiographiques.

En alternant entre ballades accessibles (« Children of the Chosen », splendide, avec son intro vaporeuse façon Iona, sa mélodie proche de « Wind at My Back »), voire carrément sucrées (« The Way Home », « Fly High ») qui feront la joie des vendeurs de briquets, un hymne joyeux à tuer un diabétique (« God’s Love » un chouia pompeux), un titre plus expérimental joyeusement barré (« Leviathan ») qui déroule un fil humoristique assez nouveau.

Mais ce qui ne serait qu’une suite de chansons très bien fichues prend une épaisseur supplémentaire à l’écoute des deux authentiques morceaux de choix sans quoi ce disque ne serait pas tout à fait du Neal Morse authentique. Message reçu avec « Lifeline », qui déroule comme un carnet de bord rempli de beaux décollages, colorié d’un thème brillant, et de la presque demi heure de « So Many Roads », suite à tiroirs, carrée des épaules, coulée dans le bronze massif avec ruées dans le jazzy, bardée d’une infaillible puissance rythmique qui finit sa partition dans les nuages.

On pourra faire la fine bouche, trouver que notre hurluberlu tourne en rond (et puis quoi ?) mais on constatera malgré tout que l’addition finit une fois encore par survoler le tout venant. Et si le buffet ne satisfait pas tout à fait autant que ses plus grands opus, on pourra trouver goûtue, pour peu que l’on n’y soit pas allergique, cette recette à la fois sucrée et salée. Raffinée quoi.

NEAL MORSE – LIFELINE

Neal Morse - Lifeline (2008)

Titre : Lifeline
Artiste : Neal Morse

Date de sortie : 2008
Pays : États-Unis
Durée : 68’08
Label : Inside Out

Setlist

1. Lifeline (13:27)
2. The Way Home (4:20)
3. Leviathan (6:05)
4. God’s Love (5:27)
5. Children Of The Chosen (4:57)
6. So Many Roads (28:42)
I. So Many Roads
II. Star For A Day
III. The Humdrum Life
7. Fly High (6:30)
IV. All The Way To The Grave
V. The Eyes Of The Savior
VI. So Many Roads Reprise

Line-up

– Neal Morse / keyboards, guitars, vocals
– Mike Portnoy / drums
– Randy George / bass

Guest musicians:
– Paul Bielatowicz / 2nd guitar solo (7)
– Carl Groves / background vocals (1, 2, 5 & 6)
– Jonathan Willis / strings (2, 7 V)
– Jim Hoke / saxophone (3 & 6 III)
– Ivory Leonard and Danielle Spencer / background vocals (6)

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A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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