Motorpsycho - The Tower
4.0Note Finale

Un peu moins de deux ans après Here Be Monsters, c’est un Motorpsycho au line-up modifié qui nous livre The TowerKenneth Kapstad en effet laissé sa place derrière la batterie à Tomas Järmyr et ce changement n’a pas altéré le son ou le style du groupe, Tomas Järmyr semblant même avoir dynamisé par son jeu certains titres du groupe qui sonnent heavy comme rarement. Ceci est d’autant plus surprenant que ce batteur vient du jazz expérimental, et s’est glissé avec une facilité apparemment déconcertante dans le répertoire de Motorpsycho. L’album est long (85 minutes), avec quelques titres exigeants (« Intrepid Explorer« , « Bartok Of The Universe« ) et d’autres plus soft, plus accessibles dans la veine du dernier album. De par sa durée, le disque est présenté sous la forme d’un double CD digipak minimaliste, sans livret (dommage) et donc sans informations sur les crédits, ou textes des morceaux. Avec l’arrivée de ce nouveau batteur, la musique de Motorpsycho va un peu changer, évoluer par rapport aux derniers albums en date.

Le titre éponyme, « The Tower« , est un moreau dans la veine des classiques de Motorpsycho avec une guitare fuzzy et une basse puissante, tellurique qui donne une pulsation régulière sur toutes les parties heavy du morceau, « The Tower« , ainsi que « The Cuckoo » sont des titres qui nous ramènent au milieu des années 70 et qui vont augurer d’autres titres de la même puissance sur l’album. En fait toute la première partie, jusqu’à « Stardust » va secouer les oreilles de l’auditeur. « Bartok Of The Universe » déplace le curseur vers un style hard-rock des années 80 avec un tandis que « A.S.F.E » va encore plus loin avec un riff de guitare et une ligne de basse qu’on croirait sorti d’un Black Sabbath oublié. Sur ces morceaux, encore, la basse est surpuissante, comme un hommage à un Lemmy disparu. Ca déboîte et envoie du bois. Malgré tout, le chant n’est pas saturé, plutôt mélodieux et un titre comme « Bartok Of The Universe« , même avec sa puissance, contient quand même plusieurs changement de tempo et breaks, renvoyant à un style mi-acidrock, mi heavy-prog avec des parties instrumentales torturées, comme ce qu’aurait pu rendre un Van Der Graaf Generator très très énervé il y a une quarantaine d’années. Passé ces trois orages violents, « Intrepid Explorer » et son intro planante, presque psychédélique ramène un peu de calme avant que le morceau de se mue en quasi improvisation de jam-band où le coté psychédélique se marie avec des constructions progressives expérimentales audacieuses à la Crimson.

Encore une fois c’est une pulsation puissante de basse et des boucles de guitares qui vont donner l’assise du morceau, un truc qui ramène aux expérimentations hippies de la fin des années 60, la puissance en plus. Le vrai souffle apaisant arrive en fait avec « Stardust« , « In Every Dream Home » et « The Maypole« . Le premier et le troisième sont une sorte de folk-prog pastoral à la guitare acoustique et le second un morceau posé avec force flûe et mellotron dans la veine de ce que faisait Motorpsycho dans Phanerothyme il y une grosse quinzaine d’année, album qui reste à mon sens un de leur magnum opus. La fin de l’album contient deux epic de 15 minutes, le premier « A Pacific Sonata » plutôt acoustique et lent pourrait rappeler certains passages instrumentaux d’albums de Tim Bowness (à partir de la 5eme minute), avec un chant à plusieurs voix très ‘acoustique américain’, façon America, la deuxième partie du morceau revient vers le style plus classique de Motorpsycho, lancinant, hypnotique avec cette basse qui pulse et qui dirige tout. Le jeu de batterie sur un autre tempo par-dessus rend la fin du titre presque avant-gardiste. « Ship Of Fools » est le deuxième quart d’heure de bravoure. Le morceau groove comme les meilleurs titres de Behind The Sun ou Here Be Monsters, avec ici un chant que je trouve presque Yes-sien sur la première moitié du morceau. La fin du morceau revient à un psychédélisme effréné avec une section rythmique qui s’envole encore une fois.

Avec ce changement de line-up, la section rythmique de Motorpsycho s’est encore renforcée. L’album que le groupe nous propose ici est exigeant, parfois difficile d’accès sur quelques titres, mais possède une richesse qui se dévoile au fil des écoutes, bien au-delà de l’impression répétitive que pourrait laisser une première écoute peu attentive… pour peu qu’on aime le versant psychédélique et puissant du progressif.

MOTORPSYCHO – THE TOWER

Motorpsycho - The Tower (2017)

Titre : The Tower
Artiste : Motorpyscho

Date de sortie : 2016
Pays : Norvège
Durée : 85’05
Label : Runes Grammofon

Setlist

Disc 1
1. The Tower (8:44)
2. Bartok of the Universe (6:08)
3. A. S. F. E. (6:53)
4. Intrepid Explorer (9:52)
5. Stardust (3:34)
6. In Every Dream Home (8:35)

Disc 2
7. The Maypole (3:39)
8. A Pacific Sonata (15:30)
9. The Cuckoo (7:29)
10. Ship of Fools (14:41)

Line-up

– Bent Sæther / bass, guitars, keyboards, vocals, producer
– Hans Magnus « Snah » Ryan / guitars, vocals, keyboards
– Tomas Järmyr / drums, percussion, vocals

With:
– Alain Johannes / vocals (3), guitar (4,7), flute (6)

 

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