Mike Oldfield - The Millenium Bell
2.5Note Finale

À l’heure où tout le monde se préparait pour le big bang bug de l’an 2000 et, accessoirement, à se prendre la Station Mir sur le coin de la trogne, l’inoxydable et peroxydé Mike Oldfield, revenu d’Espagne pour sa terre natale d’Albion, souhaitait fêter la chose en refaisant une fois de plus l’histoire à l’envers de ses fameuses cloches lucratives (une seule ici), plus vraiment de première main, avec l’objectif sibyllin de nous tenir par la barbichette. Comme à son habitude, le son est clean, ad ’hoc mon capitaine, enregistré entre ses Roughwood Studios cossus du Berkshire et Abbey Road avec, notamment, le London Händel Choir et le Grant Gospel Choir qui envoient du bois dans la cheminée dès que l’occasion se présente. Pourtant, ce troisième album en un an à peine (après Tubular Bells III et Guitars) n’allait pourtant pas tarder à démontrer que le guitariste n’était plus franchement au sommet de son inspiration.

En plaçant le concept sur le fil, discutable, ténu, d’une évocation historique étalée sur les deux millénaires qui suivirent la naissance de Jésus Christ, Mike Oldfield ne se simplifiait pas la tâche. Et cette idée bancale n’allait pas être contrebalancée par une entreprise mélodique partagée entre l’agréable et le désespérant, pour rester neutre. Même la cover est un loupé et mentionne Millennium avec deux “n”… comme une erreur marketing ou un effet de manche bizarre…

Certes, « Peace on Earth » sauce Vangelis, le new age « Pacha Mama », un « Santa Maria » prêchi-prêcha, « Broad Sunlit Uplands » synthétisé à outrance et les nuances symphoniques de « Lake Constance » (point culminant inspiré par Berlioz et Sibelius) permettent de suivre les choses en pointillé. Mais en face, il faut se farcir le déplorable « Dodge’s Palace » (ersatz d’un Rondo Veneziano perfusé) et le sous james bondien « Mastermind » quelque peu indigne du compositeur de Ommadawn. Et l’album ne s’en relèvera jamais vraiment. Si les chansons « Amber Light » (sur la fin de l’apartheid en Afrique du Sud) et plus encore « Sunlight Shining Through Cloud » (tiré de Amazing Grace de John Newton) interprétée par une Pepsi sans bulles, frôlent le gadin, ce n’est rien face à l’énormité consommée du morceau titre, qui déploie sans vergogne ses accents technoïdes hypertrophiés co-arrangés par un certain DJ Pippi (ça ne s’invente pas).

Tout cet enchevêtrement sans cohérence stylistique purgée de la chanson inédite « Excalibur » permettra malgré tout à Mike Oldfield de se produire exceptionnellement sur scène lors d’un concert – moins exceptionnel lui – du new millenium à Berlin, devant 500.000 spectateurs congelés… une épreuve terne et transie de froid immortalisée dans le DVD The Art in Heaven Concert. Un enfer pavé de bonnes intentions mais désespérément gelé…

MIKE OLDFIELD – THE MILLENIUM BELL

Mike Oldfield - The Millenium Bell (1999)

Titre : The Millenium Bell
Artiste : Mike Oldfield

Date de sortie : 1999
Pays : Angleterre
Durée : 45’07
Label : Warner

Setlist

1. Peace on Earth (4:09)
2. Pacha mama (4:06)
3. Santa Maria (2:44)
4. Sunlight shining through cloud (4:33)
5. The doge’s palace (3:08)
6. Lake Constance (5:16)
7. Mastermind (3:04)
8. Broad sunlit uplands (4:03)
9. Liberation (2:38)
10. Amber light (3:50)
11. The millenium bell (7:36)

Line-up

– Mike Oldfield / guitars, arrangement
+ Camilla Darlow / Soprano voice (1-3)
– Nicola Emmanuel / vocals (2-10-11)
– Greta Hegerland-Oldfield / narration (9)
– Andrew Johnson / vocals (10)
– Martay / vocals (4)
– Pepsi / vocals (4-9-11)
– D.J. Pippi / co-arrangements (11)
– St. Paul’s Treble / vocals (10)
– David Serame / vocals (2-10-11)
– Miriam Stockley / vocals (2-9 to 11)
– Gota Yashiki / drums (7-9), percussion (10-11)
– The London Session Orchestra conducted by Robyn Smith (5-6-8-11)
– The London Handel Choir (1 to 3-5- 9 to 11)

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre d'ailleurs (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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