Mike Oldfield - Islands
3.0Note Finale

La géographie fait parfois curieusement les choses. Après avoir été inspiré par l’Afrique et ses impressionnantes percussions (le collectif Jabula sur Ommadawn), Mike Oldfield se tourne ici du côté de l’Asie pour y nicher « The Wind Chimes », nouveau morceau de bravoure du moment, idéalement prévu pour entamer son dixième album studio placidement intitulé Islands. Mais en s’engonçant toujours plus dans un travail d’enregistrement qui privilégie dans une (trop) large mesure les aspects high-tech de la musique, ces 20 minutes entrelacent moult influences avec une vocation World Music encore en gestation du côté de Wiltshire.

À l’heure où les radios ratissaient ferme aux pieds de la new-wave et du préfabriqué, ce titre ne manquait ni d’audaces, ni de panache, sans toutefois atteindre les indociles réussites précédentes (« Taurus II », « Crises »). De l’autre côté, toujours poussé dans le dos par un label plus commercial que jamais, les chansons « courtaudes » donnent immédiatement l’impression de chanceler comme cette chère Bonnie Tyler qui a beau tirer sur des cordes vocales taillées à la serpe dans le granit, rien n’y fait. Tout semble lutter pour capter les sensations.

Côté copinage, il faut noter le retour de Kevin Ayers (ex Soft Machine) sur l’éthylique « Flying Start ». Celui qui avait donné sa première chance au jeune guitariste dès la fin des années 60 avec sa formation The Whole World n’emporte pas pour autant la mise sur un titre ric-rac. La participation de Björn Lindh, des frangins Möerlen (Gong) et de Geoff Downes (Asia) restent, quant à elles, anecdotiques. Seule « Magic Touch », interprétée par Max Bacon (et Jim Price pour la version US), s’avère au-dessus de la moyenne, aidée par un clip plutôt chiadé pour l’époque, signé de l’australien Alex Proyas, futur réalisateur de Dark City (1998).

Positivons. Islands apporte tout de même sa petite nouveauté avec l’arrivée de la chanteuse Anita Hegerland, future compagne de Mike Oldfield, dont la voix cristalline maintient plus ou moins à flot « Noth Point », « The Time Has Come » et «  When the Nights on Fire ». Pas de quoi pavoiser pour autant tant cet Islands donne un sérieux coup de patins à l’affaire.

MIKE OLDFIELD – ISLANDS

Mike Oldfield - Islands (1987)

Titre : Islands
Artiste : Mike Oldfield

Date de sortie : 1987
Pays : Angleterre
Durée : 48’12
Label : Virgin

Setlist

1. The Wind Chimes Parts One and Two (21:49)
2. Islands (4:21)
3. Flying Start (3:38)
4. North Point (3:33)
5. Magic Touch (4:15)
6. The Time Has Come (3:55)
7. When The Nights On Fire (6:41)

Line-up

– Mike Oldfield / guitars, basses, keyboards, drums, percussion, synthesizers, vocals
+ Kevin Ayers / vocals (4)
– Max Bacon / vocals
– Tony Beard / drums
– Rick Fenn / acoustic & electric guitars
– Anita Hegerland / vocals (2-5-7)
– Bjorn J:son Lindh / flute, synths
– Andy MacKay / sex, oboe
– Benoît Moerlen / vibraphone, percussion
– Pierre Moerlen / drums, vibraphone
– Micky Moody / electric guitar
– Simon Phillips / drums (2)
– Jim Price / vocals (6)
– Raf Ravenscroft / saxophone
– Micky Simmonds / keyboards
– Phil Spalding / bass, backing vocals
– Mervyn Spence / keyboards
– Bonnie Tyler / vocals (3)

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A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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