Mike Oldfield - Earth Moving
2.5Note Finale

Pour Mike Oldfield, la fin des années 80 est une purge. Que se passe-t-il dans l’œil du cyclone ? Difficile à dire. Toujours est-il que l’échec artistique et commercial de Islands n’a pas fait grand chose pour améliorer les relations, tendues, avec Richard Branson et, par extension, l’empire Virgin. La pression est donc mise sur le compositeur qui se doit d’abandonner sur le champ d’honneur ses plages instrumentales dépassées (« The Wind Shimes » dans le viseur), à la rentabilité défaillante. La mode à passé, c’est la marée basse. Catalogué ringard et vaguement toléré par un contrat signé quinze ans plus tôt, le guitariste enregistre donc Earth Moving à la maison sur son ordinateur Atari. Composé uniquement de chansons, une première dans sa discographie, l’album invite pas moins de sept interprètes différents dont Chris Thompson (Manfred Mann’s Earth Band), Adrian Belew (King Crimson), Daniel Lazerus et Anita Hegerland (Mme Oldfield dans le privé).

Forcer sa nature donne rarement de bons résultats et il faut admettre que la magie opérée sur Crises et Discovery semble alors d’une autre époque. On surnage dans le synthétique, une sorte de préfabriqué d’où s’échappent le puissant « See the Light » et « Earth Moving » interprété par une Nikki “B” Bentley (B Force) rageuse et habitée. Ces deux titres, ajoutés à une dernière dose de Maggie Reilly sur le sympatoche « Blue Light », et nous voici avec les seuls morceaux de choix auxquels l’auditeur peut raisonnablement prétendre et se raccrocher. Tant bien que mal. Avec Earth Moving, l’avenir s’annonçait compliqué pour Mike Oldfield. Paradoxe ultime, l’album suivant allait pourtant lui fournir l’occasion de transformer le plomb en or.

MIKE OLDFIELD – EARTH MOVING

Mike Oldfield - Earth Moving (1989)

Titre : Earth Moving
Artiste : Mike Oldfield

Date de sortie : 1989
Pays : Angleterre
Durée : 44’09
Label : Virgin

Setlist

1. Holy (4:37)
2. Hostage (4:09)
3. Far Country (4:25)
4. Innocent (3:30)
5. Runaway Son (4:05)
6. See The Light (3:59)
7. Earth Moving (4:03)
8. Blue Night (6:41)
9. Nothing But / Bridge To Paradise (8:40)

Line-up

– Mike Oldfield / guitars, basses, keyboards, backing vocals
+ Max Bacon / lead vocals (2-7-9b)
– Adrian Belew / guitar (3), lead vocals (1)
– Nikkie Bentley / lead vocals (2-7)
– Jackie Challenor / backing vocals (7-9b)
– Simon Clarke / horns (5-6)
– Lance Ellington / backing vocals (7-9b)
– Simon Gardner / horns (5-6)
– Anita Hegerland / lead vocals (4)
– Sonia Jones-Morgan / backing vocals (7-9b)
– Carol Kenyon / lead vocals (1-9a)
– Daniel Lazerns / clavinet (2), horns (5-6), blues harp (9b), backing vocals (2-5-8), tambourine (8-9b)
– Paul Lee / lead vocals (9a)
– Roddy Lorimer / horns (5-6)
– Keith Marshall / backing vocals (7-9b)
– Raf Ravenscroft / sax (7)
– Maggie Reilly / lead & backing vocals (8)
– Maggie Ryder / backing vocals (7-9b)
– Tim Sanders / horns (5-6)
– Phil Spalding / backing vocals (1-5-6-9b), bass (7)
– Chris Thompson / lead vocals (5-6)
– Bobby Valentino / violin (2)
– Carl Wayne / backing vocals (7-9b)
– Mark Williamson / lead vocals (3)

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A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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8 Réponses

  1. Florian Decros (ProgRockFan)

    Je suis content car on va bientôt passer au meilleur album de tous les temps : Amarok

     
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  2. Thierry Busson

    Pas d’accord à 100%. Même si ce n’est pas un album majeur de Mike
    Oldfiled, c’est une agréable collection de chansons. Certes, “Amarok”
    marquera par son audace et sa complexité, mais “Earth moving” contient
    de jolies choses, comme le magnifique “Holy” (refrain imparable) ou les
    chansons que vous avez citées… En tout cas, depuis “Earth moving”,
    “Amarok” et “The songs of distant earth” (voire “Tubular bells II”),
    pour moi Mike Oldfiled n’a plus rien fait de bon. Hélas !

     
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    • AmarokProg

      Salut Thierry ! Désolé je vais te tutoyer comme sur Facebook il a quelque temps 🙂 Bienvenue sur le site ! Après TSODE, il y a quand même de belles choses ici et là… mais pour revenir à Earth Moving, pour moi il y a 3 très bons titres… cela n’en fait pas un échec complet mais un disque dans la moyenne. Dans la lignée du dernier album… mais c’est une autre histoire. 🙂

       
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  3. Patrick Pique

    Bonjour, lorsque je me suis procuré cet album à sa sortie, lors de l’été 1989… j’avoue avoir été très déçu… Une sorte de pop rock FM mais sans vraie batterie… Cet album confirmait l’orientation prise avec certaines chansons de Islands. Néanmoins, avec le temps, je me surprends à réécouter avec un plaisir certain cet album. Car les chansons qu’il contient restent infiniment supérieures à tout ce qu’on peut entendre en radio. C’est sans doute aussi pour cela que la musique de Mike Oldfield n’est pas diffusée… Une question : pourquoi dire qu’Islands fut un échec artistique ? La face instrumentale et les chansons chantées par Anita Hegerland sont pour moi des sommets de l’art oldfieldien.

     
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    • AmarokProg

      Bonjour, effectivement, c’est agréable de se replonger dans quelques titres de cet album mais il faut aussi reconnaître qu’il a un peu vieilli. Il devrait reprendre ces titres aujourd’hui, pourquoi pas. Pour Islands, c’est un avis totalement personnel. L’album n’est pas un total échec mais un semi-échec, surtout après Discovery.

       
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  4. Hugues Fardao

    “Earth moving”… j’avoue qu’à la première écoute de l’album j’avais classé les chansons en deux catégories : les sympas et les nazes. Dans les chansons que je sauve, Holy, super bien construite, jolies paroles, très bon chanteur (ex King Crimson et Talking Heads quand même…), puis Innocent dont j’avais vu le clip au Top 50 de Marc Toesca et dont j’aime toujours la pêche et les arpèges de guitare, Earth Moving un poil jazzy et aux arrangements subtils, Bridge to paradise pour son refrain aérien et le sparoles, et Blue Night à cause de la voix de Maggie Reilly. mais ce qui me fait epnser que cet album vaut le détour, c’est la guitare. Pour chaque chanson, Oldfield a défini un son de gratte incroyable. Vraiment. Si vous n’aimez pas trop les chansons, réécoutez l’album sans y prêter attention et focalisez-vous sur le SON des guitares électriques. Le solo de Holy, celui de Bridge to Paradise, enfoi tous les soli en fait… et les arpèges d’Innocent, l’intro de Earth Moving, et j’en passe… la signature du jeu de Mike Oldfield allié au son hyper soigné des grattes est génial, rarement il a sonné aussi bien ; et dans Amarok il prendra le contrepied de ce son avec des guitares plus sauvages mais tout aussi maîtrisées. Oui, jaime bien cet album, musicalement ce ne sont pas les meilleurs chansons d’Oldfield mais point de vue guitare le son m’assoie direct.

     
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    • AmarokProg

      J’avais classés les chansons de la même façon en ajoutant “See the
      Light” quand même… le résultat reste sympathique évidemment…

       
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