Mike Oldfield - Discovery
4.3TOP 1984

Exilé dans les Alpes Suisses, près du lac de Genève, Mike Oldfield en profite pour s’aérer la tête, les miquettes, et, par la même occasion, protéger son porte-monnaie en échappant aux services financiers britanniques un peu trop voraces à son goût. Encore étonné par le petit vent frais du succès surprise de Crises et de son single « Moonlight Shadow », les pulsions mercantiles exacerbées de Richard Branson poussent le compositeur à tenter le super banco. Enregistré parallèlement à la bande originale The Killing Fields dans son propre studio, une nouvelle fois en compagnie de Simon Phillips, Discovery met l’accent sur les titres chantés et invite à la fête la voix féerique de Maggie Reilly (rarement aussi pure) et Barry Palmer (ex Triumvirat) – ce dernier avait décliné l’invitation pour la tournée précédente mais avait su être convaincant sur le single pourtant médiocre « Crime of Passion ».

La petite équipe est donc au complet. Motivée. Les titres sont solides et caressent la pop dans le sens du poil. Point d’orgue et second hit dans la besace avec « To France » et son désormais fameux thème d’ouverture, imparable, qui ne cesse de trotter dans la tête… et sur la suite des opérations puisqu’on en retrouve des échos dans l’exquis « Talk About Your Life », le duo racé « Tricks of the Light » et le puissant « Discovery » dont les nervures font ressortir la voix brisée (et en mauvais état) de l’ami Palmer. Une sorte de fil conducteur donnant un peu plus de consistance à l’ensemble. Discovery offre ainsi la collection de chansons la plus charnue, la plus gourmande, signées Oldfield qui réussit l’admirable tour de force de calibrer l’album pour une audience maximale (il fera l’ouverture du Palais Omnisport de Paris-Bercy) tout en faisant de « The Lake » l’instrumentale idéale, ni trop courte, ni trop imposante. Un final jouissif où le compositeur déploie des trésors d’interprétation avec une maîtrise totale des horizons explorés. Et à 2000 mètres d’altitude, le bonheur se porte haut.

MIKE OLDFIELD – DISCOVERY

Mike Oldfield - Discovery (1984)

Titre : Discovery
Artiste : Mike Oldfield

Date de sortie : 1984
Pays : Angleterre
Durée : 41’09
Label : Virgin

Setlist

1. To France (4:50)
2. Poison arrows (3:45)
3. Crystal gazing (3:02)
4. Tricks of the light (3:52)
5. Discovery (4:32)
6. Talk about your life (4:24)
7. Saved by a bell (4:36)
8. The lake (12:08)

Line-up

– Mike Oldfield / guitars, basses, drums, percussion, keyboards, synths, vocals
+ Barry Palmer / vocals (2-4-5-7)
– Simon Phillips / drums
– Maggie Reilly / vocals (1-3-6)

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A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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3 Réponses

  1. Hugues Fardao

    “Discovery” est sans doute l’album de Mike Oldfield que j’ai le plus découté, et l’un de mes préférés tous styles de musiques et tous artistes confondus. Les chansons s’enchaînent sur l’album comme un seul bloc logique et imparable, et si on prêt l’oreille il y a pas mal de subtilités. Le talent de multi-instrumentiste d’Oldfield est évident, les guitares sont à la fête malgré l’utilisation massive de Fairlight et de synthétiseurs – mais utilisation massive ne veut pas dire envahissante, quand on sait bien naviguer dans le studio. “To France” est ma chanson préférée depuis très longtemps, le thème est bien sûr un gimmick décalque de Tubular Bells comme beaucoup de thèmes chez Mike Oldfield, mais le son et le style emportent tout, une chanson pop/folk avec un son de guitare magistral sur le solo final. La voix de Maggie reilly est au top, Oldfield a trouvé avec elle LA chanteuse idéale. Simmons Philips : nickel, comme d’hab. Barry Palmer, malade lors des enregistrements, a tout de même assuré et sert notamment un troublant Poison Arrow. Il n’y a guère que “Save by a bell” que j’aime moins. La réédition Deluxe de Discovery sortie il y a quelques mois est un peu décevante globalement (pas de live, pas de vidéo à part des clips vu et revus sur YouTube), elle n’en contient pas moins des perles : To France, The Lake et la chanson Discovery revisités dans la “1984 Suite” sont superbes et étonnants. Same player shoot again après Crises qui était déjà d’un sacré haut niveau.

     
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    • AmarokProg

      Discovery reste l’album avec la collection de chansons la plus cohérente de sa discographie… il est alors au sommet de sa période “pop”… 🙂

       
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