Magenta - Seven
4.5Note Finale

Trois ans après Revolutions, Magenta se livrait à l’exercice toujours délicat du deuxième album. Confirmation de l’excellent premier opus ?, déception ?, le concept Seven, illustration sonore des 7 péchés capitaux avait tout de l’exercice casse-gueule. 7 longs morceaux vont donc constituer cet album, chacun ayant le nom d’un des 7 péchés. Si Revolutions avait plutôt la fibre old-Genesis, ce Seven va lui lorgner très fort du côté du Yes de l’âge d’or.

Dès « Gluttony« , cette filiation est évidente entre l’introduction chantée en canon à capella, le son de pedal-steel ou les lignes de basses que ne renieraient pas Howe ou Squire, le tout magnifié par la belle voix de Christina Booth. Rob Reed en multi-instrumentiste surdoué va montrer toute l’étendue de son talent sur « Envy« , le titre suivant où les arpèges de piano délicats se tirent la part du lion, avec encore une fois un chant de toute beauté. La fin du morceau, enfin toute la deuxième moitié est juste sublime, avec des envolées de guitare digne d’un Gilmour ou d’un Hackett ainsi qu’un dernier solo fantastique. « Lust » qui suit à des accents de Camel, surtout dans son intro avant que les claviers et la voix ou les voix plutôt ne fassent leur entrée, puisque Rob Reed assure les chœurs derrière Christina sur ce titre. Le morceau va alterner les ambiances avec des passages plus  dynamiques, chantés, et d’autres très planants ou une guitare délicate dépose des filets de notes. « Greed« , titre le plus long du disque avec près d’un quart d’heure au compteur, comporte tout ce qu’on peut attendre d’un très bon morceau progressif, des variations de rythme, d’ambiance, une dualité clavier/guitare, une basse dont le rôle va au-delà du simple accompagnement… un titre qui sonne parfois très Flower Kings. « Anger » est le seul morceau court (5mn lorsque tous les autres oscillent entre 10 et 14) et illustre de manière paradoxale la colère par un titre très calme, très symphonique ou la majeure partie du morceau est couverte par un dialogue voix/cordes-piano-guitare. A noter encore un final de guitare qui est une merveille de sensibilité. Chris Fry sur cet album est impérial. « Pride » nous ramène dans un univers yessien, surtout par le travail sur la basse que celui sur le chant dont certaines lignes sont typiquement andersionniennes. « Sloth » enfin démarre avec un orchestre à cordes avant que petit à petit les instruments électriques n’arrivent et prennent le pouvoir tel ce solo de guitare au milieu du morceau ou celui de la 10eme minute digne du meilleur Gilmour, encore du grand Fry.

Avec Seven, les gallois ne nous offrent pas un album qui révolutionne le genre par son originalité mais une collection de morceaux s’abreuvant aux meilleures sources pour arriver à un résultat cohérent, de haute volée et superbement réalisé. Le disque s’écoute, se ré-écoute presque à l’infini sans ennui. On peut peut-être considérer Rob Reed comme un compositeur puisant son inspiration chez ses glorieux ainés plutôt qu’en construisant son propre univers… il n’empêche, quand c’est fait avec autant de respect, de classe et de talent, on ne peut qu’applaudir… Seven reste à ce jour probablement le disque le plus réussi de Magenta.

MAGENTA – SEVEN

Magenta - Seven (2004)

Titre : Seven
Artiste : Magenta

Date de sortie : 2004
Pays : Angleterre
Durée : 75’23
Label : F2 Music

Setlist

1. Gluttony (12:04)
2. Envy (9:42)
3. Lust (12:22)
4. Greed (13:49)
5. Anger (5:11)
6. Pride (12:09)
7. Sloth (10:06)

Line-up

– Christina / lead vocals
– Rob Reed / keyboards, bass guitar, recorders, harpsichord, Grand piano, electric and acoustic guitars, backing vocals
– Tim Robinson / drums
– Chris Fry / lead guitars
– Martin Rosser / guitar
– Martin Shellard / lead guitar in « Sloth »
– Christian Phillips / Cha Cha Cha
– The Vienna Symphony Orchestra / strings

 

A propos de l'auteur