Loreena McKennitt – A Trio Performance
Le Grand Rex – Paris
14 mars 2017

Les apparitions françaises de Loreena McKennitt sont assez rares pour être soulignées… au marqueur fluo. Cinq ans après son dernier concert parisien au Grand Rex, elle revenait donc sur cette même scène pour un récital resserré en mode trio, entourée par ses complices de longue date Caroline Lavelle (violoncelle, flûte, accordéon) et Brian Hughes (guitare, oud). Cette formation allégée nécessitait d’adapter et réarranger une setlist qui souhaitait revisiter sa discographie tout en s’attardant sur The Visit (1991) et son dernier album studio en date, The Wind that Shakes the Barley (2010).

Dans cette configuration, la chanteuse canadienne déploiera avec un naturel étourdissant sa voix fascinante, hypnotique, chargée en émotion pure (« Penelope’s Song », « Bonny Portmore », « The Lady of Shalott »). Seul bémol, la volonté d’entrecouper ses performances de récits historiques (l’immigration des irlandais, notamment, au Canada) ou autobiographiques trouva l’attention des plus anglophones mais allait rapidement distancer les moins à l’aise avec la langue de Shakespeare. Au final, nous aurons près de trois quart d’heure de ces intermèdes, foisonnants, anecdotiques, pas forcément adaptés à un public respectueux, parfois décontenancé.

Quoiqu’il en soit, Loreena McKennitt interprètera dix-sept titres bien choisis, parfaitement complémentaires. Après une première partie vouée à la sensibilité la plus frissonnante (« The Emigration Tunes », « Greensleeves »), quelques emballements instrumentaux enflammeront la scène (« The Bonny Swans », « The Old Ways ») avec une maestria et une classe imparable. Les spectateurs, conquis devant une telle qualité d’interprétation, seront alors emmenés loin, très loin, par la voix de Loreena McKennitt, sa sincérité, son intelligence et son espièglerie. Sans jamais esquisser la moindre prétention mal placée, ni jouer les Divas, la musicienne poursuit ainsi sa route, habitée de son folklore mélancolique et transcendé. En la quittant, on se dit que sa compagnie nous ouvre ce chemin bordé de volupté, si rare, qui sait taquiner la muse sommeillant en nous. Pour ce très beau voyage : merci.

Setlist

Samain Nights
All Souls Night
Annachie Gordon
Greensleeves
Penelope’s Song
The Emigration Tunes
The Wind That Shakes the Barley
Down by the Sally Gardens
The Emigration Tunes (reprise)
On a Bright May Morning
Stolen Child
Bonny Portmore
The Bonny Swans
The Lady of Shalott
The Old Ways
Dante’s Prayer

Encore:

The Mummers’ Dance
Full Circle

Line up

– Loreena McKennitt / chant, harpe, piano
– Caroline Lavelle / violoncelle, accordéon, flûte, chant
Brian Hughes / guitars, oud

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre d'ailleurs (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?