Kotebel - Cosmology
4.0Note Finale

Cela faisait plusieurs années que ce groupe instrumental n’avait pas donné de signe de vie : le dernier album original Ourobouros date déjà de 2009. Ici la formation espagnole illustre avec Cosmology quatre conceptions du cosmos basées sur des croyances différentes : « Geocentric Universe » suppose la terre centre de l’univers et Dieu comme une entité a apparence humaine. « Mechanical Universe » pense l’univers comme une machine complexe régie par des lois physiques ou aucun Dieu n’existe. « Entangled Universe » imagine toutes les entités peuplant l’univers connectées les unes aux autres. « Oneness » pousse le concept en imaginant toutes les entités de l’univers au sein d’un tout unique. Ces titres forment la première partie de l’album à laquelle s’ajoute entre autre une version remasterisée de « Canto XXVIII« , titre écrit pour un projet Colossus autour de la Divine Comedie de Dante (Paradiso). La formation est enrichie ici de Omar Acosta à la flute, ce qui, conjugué à la complexité des compositions (quasiment toutes signées Adriana Plaza), donne une coloration Anglagard à la musique des espagnols. Le titre d’ouverture »Post Ignem » est une composition de prog symphonique assez classique ou le piano et la flûte sont souvent en avant et qui après un démarrage assez tranquille se mue en morceau à la fois complexe et technique tout en restant mélodique et accessible. « Geocentric Universe » et « Mechanical Universe » ne trahissent pas les racines latino du groupe et tant la guitare, presque flamenco lorsqu’elle est acoustique, et aux sonorité Santana lorsqu’elle s’électrifie nous ramène aux origines hispaniques de la formation. Les thèmes musicaux sont en rapport avec le thème de l’univers décrit. C’est assez déroutant à expliquer avec des mots, mais on ressent vraiment à l’écoute l’illustration des univers décrits. Les claviers sont souvent en avant, souvent acoustiques donnant une couleur néo-classique à la musique ou vintage ce qui tranche avec le travail très technique de la basse ou des guitares. C’est souvent aérien, presque spatial et planant et en même temps très technique et mélodieux avec des passages qu’on pourrait trouvés tirés d’albums de Crimson ou de Camel revisités à la sauce latino. « Mishima’s Dream » et « A Bao A Qu » complètent l’album avec deux compositions très prog-symphonique. Finalement seul la reprise du titre Canto XXVIII détonne un peu et ne se fond pas très bien dans l’ensemble avec un coté plus dissonant, avant-gardiste qui tranche avec l’esprit planant du début. Avec Cosmology , Kotebel nous offre un album riche, complexe, inventif, parfois difficile à apprivoiser et qui va nécessiter plusieurs écoutes avant que l’auditeur ne rentre pleinement dedans. Belle synthèse d’un progressif moderne, de passages néo-classiques et de sonorités vintage, agrémentée de racines latinos, les espagnols ne ratent pas leur retour avec ce voyage dans le cosmos. A noter de plus, une production impeccable et des musiciens au sommet de leur art.

KOTEBEL – COSMOLOGY

Kotebel - Cosmology (2017)

Titre : Cosmology
Artiste : Kotebel

Date de sortie : 2017
Pays : Espagne
Durée : –
Label : –

Setlist

1. Post Ignem
2. Cosmology Suite: Geocentric Universe
3. Cosmology Suite: Mechanical Universe
4. Cosmology Suite: Entangled Universe
5. Cosmology Suite: Oneness
6. Mishima’s Dream
7. A Bao a Qu
8. Canto XXVIII

Line-up

– Carlos Franco Vivas / drums, percussion
– César Garcia Forero / guitars
– Jaime Pascual Summers / bass
– Adriana Nathalie Plaza Engelke / piano, keyboards
– Carlos G. Plaza Vegas / keyboards
With:
– Omar Acosta / flute

 

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