Kauan - Kaïho
4.5Note Finale

Kauan est une formation atypique dans le paysage musical, dans le sens où  leur  musique ne ressemble à rien d’autre que nous n’ayons déjà entendu auparavant. Si le chant est en finnois les compos de Kauan se démarquent sacrément du lot et  proposent un univers différent empreint d’une palette de sonorités bien spécifiques. Pour la petite histoire, ce combo fut fondé en 2005 par le chanteur multi instrumentiste Anton Belov, qui est, il est vrai, d’origine ukrainienne et a opté, concernant le chant, pour la langue finlandaise qui correspondaient parfaitement aux climats musicaux qu’il avait en tête. Cela peut surprendre mais à priori, la phonétique de la langue s’adapte à l’univers musical de Kauan (“Depuis longtemps” en finnois) dont le style des débuts était ciblé “Doom/atmosphérique“, genre qui allait devenir leur marque de fabrique, notamment sur leur second album Lumikuuro sorti en 2007. Belov s’était ensuite entouré de plusieurs musiciens, dont un violoniste, offrant ainsi à la musique de son groupe, de fortes intonations à la Gazpacho. L’univers de Kauan n’étant en réalité pas si éloigné des couleurs sonores du groupe norvégien.

Pour leur troisième album, les ukrainiens sortaient (provisoirement) du cadre précité, car ils enregistrèrent en 2009  un album bien plus ambitieux avec lequel ils se firent mieux connaître. On y découvrait une superbe pochette et la mélancolie y prédominait. Ainsi,  Aava Tuulenenmaa se rapprochait de l’étiquette “post/rock- atmosphérique”. L’album Kuu qui suivit était tout à fait dans la mouvance de son prédécesseur. Puis, ils revinrent un peu à leurs premières amours dans les albums suivants, plus axés sur le chant Belovien qui “growlait” quelque peu.

Il n’en est rien sur cette nouvelle création nommée Kaïo, que l’on peut tout à fait considérer comme faisant partie d’une composante constituant  une sorte de  triptyque avec leurs deux albums  majeurs Aava Tuulenemaa, et Kuu. Pour ce nouveau disque, le groupe a fait appel à la chanteuse folk finlandaise Marja Mattlar (qui a également écrit les textes), le thème principal de Kaïho étant la nostalgie et les traumatismes que nous avons tous connu, ou connaîtrons durant notre vie.

Pour ce qui est de la musique, c’est en direction d’Anathema qu’il faudrait se diriger, notamment au cours de séquences au piano acoustique tenu par Belov en personne, couplées à l’ambiance générale de Kaïho, qui se situe  totalement dans l’esprit du combo des frères Cavanagh. Si l’on se réfère à son Bandcamp, Belov et ses musiciens ont voulu innover sur cet album en retrouvant les vraies valeurs des enregistrements typés “old school” et atteindre ainsi la chaleur organique de l’époque, en y gommant le plus possible le côté numérique lié à la technologie actuelle.  Ils y parviennent largement tout au long de ces huit compositions.

Le climat aérien et atmosphérique présent  sur ce disque dans une sorte de sérénité mentale insuffle une certaine forme de paix intérieure. Le chant de Belov, en finnois, ne choque pas vraiment. On finit même par s’y habituer. Il est certain que la tonalité de cette langue se conjugue impeccablement avec la musique hypnotique de Kauan, qui est souvent doublée de chœurs et de la voix angélique d’Alina Roberts, attribuant l’aspect céleste à ces belles compos hautes en couleurs. Les différents claviers de Belov sont omniprésents sur Kaïho. Ils sont enchaînés sur  des accords de guitares ciselés qui sont du plus bel effet. Quant à l’un des instruments majeurs du groupe, le violon d’Antaoly Gavrilov, il se détermine dorénavant comme un élément central dans la musique des ukrainiens. Les parties de batterie sont quant à elles métronomiques et minimalistes. Elles restent néanmoins prenantes et entêtantes à  souhait. La juxtaposition de tous ces éléments fait que nous sommes  pris dans une sorte de spirale infernale de plus de cinquante minutes dont on a bien du mal à s’extirper.

Kauan signe avec Kaïho l’œuvre la plus aboutie et la plus fondamentale de sa carrière. Souhaitons qu’un plus large public se penche sur le travail du groupe et en l’occurrence, il serait bon et plus que conseillé à tous, de visionner deux vidéos “live” des concerts donnés en Russie en 2016.

KAUAN – KAÏHO

Kauan - Kaïho (2017)

Titre : Kaïho
Artiste : Kauan

Date de sortie : 2017
Pays : Ukraine
Durée : 51’05
Label : My Sonic Temple

Setlist

1 Lapsenmuisto 5:32
2 Kasvot 7:26
3 Siiville Nousu 9:32
4 Poissa 2:24
5 Lahja 10:31
6 Nainen 5:03
7 Sateen Huuhtoma 7:27
8 Kaiho 2:59

Line-up

Anton Belov – music, vocals
Alex Vynogradoff – bass guitar, backing vocals
Alina Belova – keyboards, backing vocals
Anatoly Gavrylov – viola
Anton Skrynnik – drums

 

A propos de l'auteur

Daniel Sebon

Salut à tous je suis Dany , nouvellement chroniqueur sur Amarokprog et anciennement sur Koid9 et progressivearea, je collabore aussi sur Lebolg du jester. Grand amoureux de musique devant l'éternel, et de musiques progressives au sens large du terme. J'ai été bercé aux sons du "Segent peppers" des Beatles, puis ensuite je n'ai jamais lâché la musique qui représente un peu mon oxygène. Après j'ai passé ma vie en écoutant Hendrix, Genesis, Floyd ,Marillion, Mike Oldfield, Tull, Yes, Ange Camel (entres autres génies que j'ai aimé) tout en découvrant les plus récents, Steve Wilson, Riverside, Gazpacho, Dream Theater, The Watch, Anathema.(entres autres très belles découvertes qui sont venues après. Puis la musique planante m' aussi bien accompagné telle, Tangerine Dream ,Vangelis, Klauz Schulsz. Sans parlé aussi de la période "jazz rock" qui m'a bien plue jadis "au temps de Pierre et Gladys", telle Mahavischnu Orchestra, Chick Corea, Al Dimeola, Pat Metheny, voilà quelques perles qui ont émaillé ma longue vie d'aficionados et je compte bien par le biais d'Amarokprog, en découvrir d'autres et vous en faire découvrir. Progresssivement votre Dany

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