S'enregistrer
Votre mot de passe vous sera envoyé.
Justin Hurwitz - La La Land (B.O.)
4.5TOP 2017

Quelle histoire ! Entre le script du film – la romance entre un musicien de jazz romantico-idéaliste et une apprentie comédienne pleine de rêves – et les atermoiements de sa propre conception avec cette rencontre estudiantine entre Damien Chazelle (futur réalisateur) et Justin Hurwitz que la passion commune pour le jazz rapprocha immédiatement. Le premier fit découvrir Les Parapluies de Cherbourg au second et le charme opéra sans forcer. Et c’est ici que la légende se construit. Le jeune réalisateur écrit son histoire, peine à trouver un financement et après quelques années réussit son pari en enrobant le tout avec la partition de son ami. A la clé, un paquet de récompenses dont les oscars de la meilleure bande originale et de la meilleure chanson (« City of Stars »).

Quelque-soit la qualité du film, le succès de sa musique reste symptomatique, au-delà d’un effet de mode inévitable, d’une parfaite entente entre l’image et le son. Le film ne le cache pas, le jazz est un style musical moribond et loin de faire les grands titres. Placer La La Land dans cet univers relevait d’un pari que d’aucun considérèrent comme insensé. Ce qui explique pourquoi Chazelle dû batailler pour parvenir au bout de son idée. Mais c’est la magie du cinéma ! Remettre au goût du jour quelque chose de suranné. Redéfinir les goûts.

Le format « comédie musicale » assure de jouer sur la love story avec tous les arguments valables : la douceur rassurante de « Mia & Sebastian’s Theme », comme en suspension, le spleen de « City of Stars », le fun entraînant de « Herman’s Habit » et « Rialto at Ten ». La partition suit la trajectoire tumultueuse du couple vedette, reconnecte les thèmes principaux autour de subtiles variations et finit par s’envoler avec eux (la valse « Planetarium » qui semble répondre au Danube Bleu de Strauss utilisé dans 2001, « Epilogue »).

Les mélodies restent accessibles, peu enclines à en faire des tonnes dans la démonstration technique, et les orchestrations font la part belle au romantisme de l’histoire, sans jamais tomber dans le mièvre, sur le fil. Justin Hurwitz retrouve ici l’inspiration des Frederick Loewe (Brigadoon, My Fair Lady), Michel Legrand, Nacio Herb Brown (Chantons sous la Pluie) et des frères Sherman (Mary Poppins). Il n’hésite pas à flirter avec la pop (« Start a Fire » co-écrite et interprétée par John Legend) tout en laissant les acteurs chanter avec leurs défauts mais surtout leur sincérité. Le résultat balance entre euphorie (« Another Day in the Sun » et sa progression en majeur), envolée lyrique (« Audition ») et mélancolie soyeuse. Comme pour mieux illustrer chaque facette de cette belle histoire d’amour.

JUSTIN HURWITZ – LA LA LAND (B.O.)

Justin Hurwitz - La La Land (original soundtrack) (2017)

Titre : La La Land
Artiste : Justin Hurwitz

Date de sortie : 2017
Pays : États-Unis
Durée : –
Label : Interscope Records

Setlist

1. 1812 Overture (Tchaikovsky)
2. No Two Words
3. Si Ridesta in Ciel L’aurora (La traviata) (Verdi)
4. Anyone Can Get It
5. It Happened at Dawn
6. Another Day of Suniana
7. Japanese Folk Song (Thelonious Monk)
8. Jingle Bells (Boots Randolph)
9. Silent Night (Eddie Wakes)
10. Someone in the Crowd
11. Jingle Bells, We Wish You A Merry Christmas (Deck The Halls)
12. Take On Me (Magne Furuholmen, Morten Harket, et Pål Waaktaar)
13. I Ran (Frank Maudsley, Paul Reynolds)
14. Tainted Love (Ed Cobb)
15. A Lovely Night
16. When I Wake
17. Herman’s Habit
18. Rialto at Ten
19. City of Stars (Pier)
20. Rebel et « Planetarium » (La Fureur de vivre) (Leonard Rosenman)
21. Madeline
22. It Pays
23. Start a Fire
24. City of Stars
25. Surprise
26. Boise
27. Audition (The Fools Who Dream)
28. Boy in the Park
29. Cincinnati
30. City of Stars (Humming)

Line-up

– Justin Hurwitz / piano
– Ryan Gosling / guitars
– Emma Stone / vocals

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre d'ailleurs (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

Articles similaires