Jewel - Goodbye Alice In Wonderland
4.5TOP 2006

En 2006, la situation de Jewel était un petit peu compliquée. Celle qui venait de se transformer en ersatz de diva pop glamour dans ce qu’il conviendra d’appeler pudiquement l’incident industriel 0304 (pourtant successful aux states) redébarquait sur terre pour liquider son erreur de jeunesse, sa crise d’adolescence tardive. Avec Goodbye Alice in Wonderland, la jolie blonde native de l’Utah, était de retour dans son genre de prédilection : un folk rock sensible couvrant un large spectre de songwriting. Elle en profitait également pour nous offrir son album le plus autobiographique depuis un bail.

Focus narcissique. L’occasion de revenir sur sa propre histoire, faites de réussites et de crises, comme tout un chacun, façon montagnes russes. Espoirs. Désillusions. Ce journal intime n’en reste pas moins une réussite complète : la cohérence du propos, certes nombriliste (mais est-ce bien condamnable ?) lui permet de déployer des compositions reliées entre elles par leur commune sincérité.

Le producteur Rob Cavallo (Michelle Branch, Goo Goo Dolls, Green Day) apporte sa dose de stéroïds (superbes « Satellite » écrite à 18 ans et « Only One Too »), une nouvelle vitalité, éclatante, irrésistible. Ce florilège de chansons fines peut alors convoquer la ballade (« Goodbye Alice In Wonderland », « Long Slow Slide »), mélancolique (« Last Dance Rodeo », « Inertia of Loneliness »), un petit côté Dylan (« Stephenville, TX ») ou son penchant pop rock tirant vers les horizons Sheryl Crow avec ce petit truc en plus qui nous renvoie sans mal dans les cordes (« Again and Again », « Only One Too », « Words Get in the Way »).

Toujours aussi bavarde (!) mais incroyablement inspirée, la construction des chansons gagne en ampleur, en bricolages remarquables. Signe d’une maturité musicale qui ouvrait une nouvelle page, boostée par un chant toujours exceptionnel, sur le fil, entre la cassure et l’angélisme (« Where You Are »). Quelque chose d’indéfinissable qui en fait sans conteste une artiste accomplie (actrice, poète, productrice). Surtout, l’une des auteur-compositeur-interprète les plus attachantes et talentueuses du moment comme ne témoigne le splendide sucré « Drive to You ».

Finalement, dans un ultime aveu, Jewel soufflait ne pas être brisée, juste elle-même. Tant mieux pour elle. Tant mieux pour nous. A ce moment là de ce billet on pourra même ajouter que la demoiselle porte son nom avec aplomb mais est-ce encore bien nécessaire ?

JEWEL – GOODBYE ALICE IN WONDERLAND

Jewel - Goodbye Alice In Wonderland (2006)

Titre : Goodbye Alice in Wonderland
Artiste : Jewel

Date de sortie : 2006
Pays : États-Unis
Durée : 54’36
Label : Atlantic/Warner Bros.

Setlist

1. Again And Again
2. Long Slow Slide
3. Goodbye Alice In Wonderland
4. Good Day
5. Satellite
6. Only One Too
7. Words Get In The Way
8. Drive To You
9. Last Dance Rodeo
10. Fragile Heart
11. Stephenville, Tx
12. Where You Are
13. 1000 Miles Away

Line-up

– Jewel / vocals, guitar

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

Articles similaires