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A l’occasion de la sortie de son deuxième album Lady in Gold, le très bon combo de blues/soul dont tout le monde parle Blues Pills était en promo à Paris. Amarok Magazine se devait d’être présent et de recueillir plus d’infos les concernant, et séance tenante, je me rendis à l’endroit indiqué.

Valérie, la public relation du label Nuclear Blast m’ayant donné rendez vous à 11 heures trente, je suis arrivé pile à l’heure à l’hôtel en question et quelques minutes après j’avais en face de moi le guitariste du groupe Dorian Sorriaux, qui, par chance (pour moi) est français. L’interview commença donc avec lui, la ravissante chanteuse (suédoise) Elin n’arriva quant à elle, qu’après un bon quart d’heure.

Blues Pills - Lady in Gold (2016)

Chronique de « Lady in Gold »

Daniel : Avant toute chose on est surpris en écoutant cet album « Lady In Gold » par votre savoir faire et votre professionnalisme, cependant vous êtes un jeune groupe, composé de personnes très jeunes comment vous est venu l’idée de former Blues Pills

Dorian Sorriaux : En fait on jouait tous dans des groupes différents, et ce durant quatre ans environ, puis j’ai rencontré le bassiste Zach en France plus précisément à Lorient en Bretagne, et Elin l’a connu aux Etats unis, en Californie ensuite nous avons partagé notre goût et notre amour que nous avions en commun pour le « blues/rock » ainsi que toutes les influences que nous avions reçu – c’est ainsi que c’est formé Blues Pills. Pour le professionnalisme, on essaie toujours de faire de notre mieux pour l’enregistrement d’un album, ou pour la composition, c’est notre façon de travailler.

Daniel : Une question qui me taraude – j’ai trouvé que l’intro du morceau éponyme « Lady in Gold » ouvrant l’album avait de fortes réminiscences avec le « Lady Madona » des Beatles était-ce voulu de votre part?

Dorian Sorriaux : Non je connais bien sur les Beatles, mais je n’ai pas reconnu l’influence dont tu parles, mais je vais réécouter ce morceau.

Daniel : Qui joue des claviers, je n’ai pas réussi à trouver son nom ?

Dorian Sorriaux : En réalité nous avons fait appel à trois claviéristes différents qui sont issus de plusieurs endroits. chacun intervenant sur un morceau précis, seul Rikard Nigren jouera en live avec nous.

Blues Pills

Daniel : On est frappés par l’énergie qui se dégage et par le son « Soul/Blues » des compositions de votre nouveau disque – est-ce un genre que vous affectionnez par dessus tout ? Et resterez vous encrés dans ce style, mais pensez-vous prendre d’autres voies musicales ?

Dorian Sorriaux : Tout est possible, nous ne sommes absolument pas fermés ni hermétique à aucune musique, tant que cela reste un peu dans notre style, mais je pense qu’avec ce nouveau disque nous avons vraiment trouvé le son que nous désirions – plutôt quelque chose de plus personnel. Je pense que notre troisième album sera la suite logique de celui-ci.

Daniel : Cet album vous a -t-il pris beaucoup de temps pour l’enregistrer ?

Dorian Sorriaux : Oui, cela nous a pris beaucoup de temps pour l’enregistrement, on a commencé fin 2014 pour le terminer début 2016. Nous l’avons réalisé pendant que nous étions en tournée, on faisait des breaks de trois semaines pour rentrer en studio, cela créait des difficultés car nous n’avions plus du tout de temps libre – nous dormions parfois sur des matelas dans le tout petit studio ou nous enregistrions en Suède, c’était assez « folklo« , il n’y avait pas de cuisine, ce n’était pas une « suite nuptiale ».

« nous ne sommes absolument pas fermés ni hermétique à aucune musique. »

 

Daniel : Y a -t’il un leader dans Blues Pills ? Qui compose quoi ? Et décidez – vous tous les quatre à la manière dont doit sonner chaque morceau de l’album ?

Dorian Sorriaux : Il n’y a pas de leader, on a tous composé la musique mais Zach (le bassiste) et Elin écrivent les paroles ensemble, pour ce qui est de la sonorité des morceaux, chacun exprime ses idées sur le sujet.

Daniel : Le fait que Blues Pills est cosmopolite, est-ce que cela a pu apporter un plus à votre musique ?

Dorian Sorriaux : Nous aurions fait exactement pareil si nous étions issus du même pays, mais Elin est suédoise, moi j’ai des origines bretonnes, mon père jouait du biniou, j’ai grandi dans une musique traditionnelle « celtique« , cela peut éventuellement se ressentir sur deux ou trois trucs que je peux jouer. Cela dit, nous avons un morceau « Bliss » (sur le dvd) qui est chanté par Elin eu suédois, si nous étions tous des states cela ne serait évidement pas arrivé.

Daniel : Puisque tu me parles de musique rock/celtique, connais tu un groupe que j’adore et qui se nomme Iona ?

Dorian Sorriaux : Non, pas du tout, mais si tu me le dis, je vais le découvrir.

Daniel : Si je vous dit que votre musique fait largement penser à Janis Joplin, Aretha Franklin, ou encore Tina Turner – Etes vous d’accord ? est-ce pour vous un compliment? Avez vous été inspirés par ces trois univers musicaux ?

Dorian Sorriaux : Oui, oui, oui, (rires) surtout pour ces trois chanteuses que tu as cité qui sont très appréciées par Elin, c’est bien entendu un compliment que d’être comparé à ces trois grandes artistes.

Blues Pills

Daniel : Dans votre album, on trouve peu de titres calmes, je ne vois que « I Fetl a change » avec l’intro aux « cordes » – est-ce un choix délibéré ? Et comptez vous en composer plus sur votre futur album ?

Dorian Sorriaux : Possible, oui tout reste possible, pour l’effet de cordes dont tu parles en introduction de ce titre, c’est tout simplement du melotron.

Daniel : J’aime beaucoup la pochette de « Ladys In Gold » dans l’esprit de l’univers psychédélique et qui fait très seventies, qui l’a réalisé?

Dorian Sorriaux : C’est Marike Kager-Dunham, une hollandaise immigrée aux states à la fin des sixties, elle faisait partie d’un groupe de créatifs qui ont réalisé des peintures qui ont servi à l’élaboration de certaines pochettes d’Eric Clapton, de Cream, ou d‘Incredible String Band (entres autres)- nous sommes partis de son travail pour la création de cette pochette.

Daniel : Comme vous avez un peu été influencés par le blues, qu’on entend notamment sur « You Gotta Try » – connaissez vous un des piliers de cette belle musique dont nous parlions à l’instant et que je considère comme un des meilleurs guitaristes du genre, je veux parler d’ Eric Clapton ?

Dorian Sorriaux : Absolument, j’ai lu les bios en français et en anglais de ce musicien, j’adore un de ses disques qui s’appelle « Blues » je crois que c’est un double CD (ndlr il date de 1999), d’ailleurs et qui m’avait profondément marqué.

« Dans la nouvelle génération j’aime bien Adele ou Selah Sue, ce sont à mon sens des artistes assez authentiques. »

 

Daniel : Pour ce qui est d’un autre style de musiques , écoutez vous autre chose que se la « soul musique » De la musique progressive par exemple – Connaissez vous un des plus talentueux représentants contemporain Steven Wilson qui lui se réfère à cette musique ? ou bien écoutez vous des classiques comme Genesis ou Pink Floyd ?

Dorian Sorriaux : Non je ne le connais pas, cependant j’aime beaucoup la musique progressive et je le découvrirai avec plaisir, pour Genesis ou Pink Floyd, je les connais bien sur.

Daniel : Une question un peu différente à présent, pourquoi à votre avis votre style de musique n’est pas plus diffusé dans les médias traditionnels? Ne pensez vous pas que n’étant pas dans l’air du temps, cela peut s’expliquer, car ce sont le « rap » et la « techno » qui sont proposés à la jeunesse – ce phénomène existe t-il en Suède aussi ?

Dorian Sorriaux : Pas autant que cela en Suède, mais ce phénomène se passe surtout au niveau des radios et particulièrement en France, ou elles ne diffusent que des trucs « formatés », on dirait que c’est prévu pour des gens qui consomment des « mac do » en écoutant cela – c’est bien triste. Mais on trouve ces choses dans les radios internationales. Dans la nouvelle génération j’aime bien Adele ou Selah Sue, ce sont à mon sens des artistes assez authentiques.

Daniel : Bonjour Elin Larsson vous êtes originaires de Suède, quelles ont été vos influences majeures dans votre pays ? Etes vous passé par la case Abba ? Mais c’est une question qu’on a du vous poser cent fois ?

Elin Larsson : (rires) J’aime bien Abba, j’ai même fait des reprises de ce groupe par le passé, mais ce n’est pas mon style car je préfère nettement Aretha Franklin.

Daniel : Elin, tu as toujours aimé la « soul musique », ne penses-tu pas te diriger un jour vers un style différent ?

Elin Larsson : Oui, mais la « soul » est vraiment importante pour moi avec des artistes comme Aretha Franklin, Otis Reding, Joe Cocker, mais ensuite j’ai découvert des groupes comme les Doors , Black Sabbath, ou Fleetwood Mac, je pense qu c’est bien d’avoir beaucoup d’influences et ne pas se sentir insensible à d’autres univers musicaux.

Daniel : Elin connais tu d’autres formations suédoises comme Opeth par exemple, avec entre autres leur superbe album « Damnation » ?

Blues Pills

Elin Larsson : Oui je connais bien Opeth, c’est drôle que tu me parles d’eux car on a joué en première partie d’un de leur concert à Hambourg.

« la « soul » est vraiment importante pour moi avec des artistes comme Aretha Franklin, Otis Reding, Joe Cocker… »

 

Blues Pills

Daniel : Par ailleurs, connais-tu ma chanteuse favorite Anneke Van Giesbergen (ex Gathering) ? qui est originaire des Pays bas et qui évolue dans un genre « post/rock » ?

Elin Larsson : Non, mais merci de m’en parler je vais écouter ce qu’elle fait !

Daniel : Je voulais savoir aussi si vous avez tous les quatre un job en parallèle de Blues Pills, ou vivez-vous de votre musique?

Dorian Sorriaux : (rires) Mais on vit tous très bien jusqu’à présent de notre musique !!

Daniel : Pour terminer est-ce que les internautes qui liront ces lignes ont des chances de vous voir jouer en « live » en France prochainement ?

Dorian Sorriaux : Oui, on sera au Rock en Seine le 28 août, ensuite on fera une longue tournée française avec Kadavar qui évolue dans un genre plus « stoner« .

Daniel : Merci à vous 2, et longue vie à Blues Pills !!

Propos recueillis en mai 2016 (merci à Valérie Reux)

 

A propos de l'auteur

Daniel Sebon

Salut à tous je suis Dany , nouvellement chroniqueur sur Amarokprog et anciennement sur Koid9 et progressivearea, je collabore aussi sur Lebolg du jester. Grand amoureux de musique devant l'éternel, et de musiques progressives au sens large du terme. J'ai été bercé aux sons du "Segent peppers" des Beatles, puis ensuite je n'ai jamais lâché la musique qui représente un peu mon oxygène. Après j'ai passé ma vie en écoutant Hendrix, Genesis, Floyd ,Marillion, Mike Oldfield, Tull, Yes, Ange Camel (entres autres génies que j'ai aimé) tout en découvrant les plus récents, Steve Wilson, Riverside, Gazpacho, Dream Theater, The Watch, Anathema.(entres autres très belles découvertes qui sont venues après. Puis la musique planante m' aussi bien accompagné telle, Tangerine Dream ,Vangelis, Klauz Schulsz. Sans parlé aussi de la période "jazz rock" qui m'a bien plue jadis "au temps de Pierre et Gladys", telle Mahavischnu Orchestra, Chick Corea, Al Dimeola, Pat Metheny, voilà quelques perles qui ont émaillé ma longue vie d'aficionados et je compte bien par le biais d'Amarokprog, en découvrir d'autres et vous en faire découvrir. Progresssivement votre Dany

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