Dans la catégorie des guitaristes hauts perchés, Arjen Lucassen fait toujours figure de référence avec son double mètre certifié et son aisance admise sur l’instrument. Une technique qui se double d’une certaine prolixité puisque quelques mois seulement après son double album solo (Lost in the New Real), voici débarquer le nouveau double album de son projet AYREON. Six ans après le pharaonique 01011001, voici donc The Theory of Everything qui balance plus du côté de la physique (quantique, classique) que de la pure science-fiction. Mais Arjen Lucassen reste droit dans ses bottes, même si celles-ci veulent une fois encore s’affranchir de la gravité pour mieux décoller et nous guider dans sa nouvelle dimension. Attachez vos ceintures !

Salut Arjen ! Pour commencer, que s’est-il passé depuis le dernier album de AYREON ?

Bonjour ! (en français) Et bien depuis 01011001, j’ai enregistré trois albums ! L’atmosphérique Guilt Machine, le plus heavy Star One et mon album solo, « Lost in the New Real » qui a été un beau succès.

D’où vient le titre : « The Theory of Everything » ?

La première fois que j’ai entendu cette phrase, c’était dans un documentaire sur Stephen Hawkins et cela sonnait comme un titre ideal pour Ayreon ! The Theory of Everything, c’est la tentative d’unification de l’infiniment petit (la mécanique quantique) et de l’infiniment grand.

C’est un album concept donc…

Plus que ça ! Un opéra rock !

Qu’est-ce qui te révolte en ce moment ?

Je suis un hermite ! Je ne regarde pas la télévision et je ne lis pas les journaux. Je ne sais donc rien de ce qui se passe dans le monde et je ne souhaite pas en savoir davantage.

C’est un album politique ?

Oh non. Je suis un musicien et je n’ai rien à voir avec un politicien. Chacun son truc. Ma mission est de divertir les gens, pas de les éduquer.

Comment s’est déroulé le processus créatif ?

Ce fût très différent de mes premiers albums. Cette fois, j’ai tout écrit et enregistré dans l’ordre chronologique. C’est de cette façon que je me suis retrouvé avec quatre grands morceaux de 20 minutes !

Comment définirais-tu cet album ?

C’est ce que j’ai fait de plus « progressif » et de loin. C’est un album qui joue beaucoup sur l’émotion avec des ambiances très différentes. Il n’est pas très facile à écouter, enfin il faut plusieurs écoutes pour vraiment entrer dedans et en saisir toutes les subtilités. Il faut s’asseoir tranquillement et profiter du voyage !

Cette fois, tu as sept interprètes au compteur…

Oui et je suis extrêmement fier et chacun d’eux ! Ce sont des chanteurs qui véhiculent des émotions vraiment incroyables et c’était fondamental pour ce disque. Et surtout, leur voix sont toutes très différentes les unes des autres.

Il y a quelques invites supplémentaires il me semble…

J’ai réunis une dizaine de musiciens, et pas des moindres, à mes côtés. J’ai même eu le privilège d’avoir quelques uns de mes héros comme les musiciens de YES, GENESIS, ELP, KING CRIMSON… un rêve devenu réalité !

Ont-ils apporté leurs propres idées ?

Oui, bien sûr ! Chacun était libre de proposer des choses. Le principal est quand même d’avoir le meilleur résultat possible.

Quelles furent tes influences sur ce disque ?

Au niveau des textes, je dirais des films comme « Un Homme d’Exception », « Rain Man » et « Will Hunting » et musicalement, toute la grande musique prog rock et hard rock que j’ai pu écouter lors des années 70 !

Le fait qu’il y ait 42 titres sur cet album a-t-il à voir avec un livre que tu as avoué beacouup apprécier le roman « The Hitchiker’s Guide to the Galaxy » ?

Pas vraiment. L’idée de diviser ces quatre longs morceaux en 42 parties a été une décision de dernière minute. Mais c’était tentant !

Le son de l’album semble plus clair, plus limpide…

Effectivement, je voulais un son vraiment plus transparent. Il y a de nombreuses couches sonores mais elles ne superposent jamais toutes en même temps. Je voulais que chaque instrument soit parfaitement audible plutôt que simplement créer un énorme mur du son.

Quelle est ton opinion sur la musique prog rock aujourd’hui ?

Ce type de musique n’a pas d’âge et sera toujours présente. Il y a toujours de nombreux artistes tenté par un peu plus de complexité musicale. C’est pour cela que le genre est si populaire de nouveau. La mode passe mais le besoin de qualité reste.

Qui a réalisé la pochette ?

C’est un belge, Jef Bertels. Il a peint toutes les pochettes d’Ayreon depuis Into the Electric Castle en 1998.

Tu as écouté quelque chose d’intéressant récemment ?

J’adore les derniers projets de Devin Townsend ainsi que le groupe Toehider avec le chanteur Michael Mills qui intervient d’ailleurs sur le disque.

Quels sont tes projets ?

Aucune idée ! Je n’ai jamais rien planifié car je change d’avis en permanence. Je vais juste laisser mon inspiration me guider vers un nouveau projet, quel qu’il soit.

Quelques mots pour finir ?

J’adore la France et mes fans français. Je suis venu pas mal de fois et je parle votre langue, la preuve sur le DVD qui accompagne ce nouvel album ! Je partage donc des choses particulières avec ce pays. Je sais que vous avez l’esprit très ouvert et j’espère que ce nouvel album vous plaira une nouvelle fois alors merci d’avance pour l’avoir acheté !

Propos recueillis en octobre 2013
Un grand merci à Valérie Reux.

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre d'ailleurs (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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