Evership - II
4.8TOP 2018

Si je vous dis Nashville, Tennessee, il y a des chances que vous me répondiez country music plus que rock progressif. Pourtant après Neal Morse, natif du coin, c’est un autre groupe, Evership, qui est en train de se faire sérieusement remarquer dans la catégorie prog ricain. Après un premier album en 2016, le groupe, toujours emmené par Beau West (chant) et Shane Atkinson (compos, claviers, batterie) récidive avec un deuxième disque tout bonnement somptueux. Sobrement intitulé II, le disque présente la même identité graphique que son prédécesseur signée Philip Willis, quelque part entre les œuvres de Paul Whitehead pour Genesis et le Pawn Hearts de VDGG. Evership est désormais une vraie formation et moins un groupe d’invités autour du duo fondateur. James Atkinson est désormais intégré à part entière à la guitare lead et John Rose est arrivé aux guitares acoustiques et slide, Ben Young, à la basse et au stick. Seuls les chœurs et une section orchestrale sont ici crédités en tant qu’invités.

Evership nous a ici concocté un album d’artisans. Rien n’est laissé au hasard et plein de détails témoignent de travail accompli pour arriver à un résultat parfait (les arrangements de “Serious Room“, avec une discrète trompette bouchée ou les superpositions de nappes de claviers en sont un exemple). Le groupe sonne ici comme les ténors des années 80, on pense parfois au meilleur de Kansas, le violon en moins, avec la voix assez haute de West qui se marie à la puissance symphonique de l’écriture d’Atkinson. Sur le morceau d’ouverture “The Serious Room” (enregistré live au Rosfest !), on a une foule de développements et de thèmes différents qui s’enchevêtrent avec majesté. Le chant de Beau West est toujours aussi juste, puissant et ‘beau‘ accompagnant le morceau autant dans les passages intimistes que dans ceux puissants. “Monomyth” est un titre plus dans l’esprit du premier album, mini-épique symphonique de 10mn, ou les claviers sont omniprésents et où le chant encore une fois emporte tout sur son passage (quel final!). Ce morceau très symphonique et puissant permet également au frangin Atkinson de se distinguer par de beaux soli de guitare. Avec “Real or Imagined“, on pense au départ à pause acoustique guitare/voix mais rapidement autour de la 3ème minute le morceau se débride pour se muer en rock à la fois énergique et très mélodique avec une nouvelle fois un chant à la fois puissant et juste. “Wanderer” renforce l’ancrage dans les années 70 avec une intro symphonique majestueuse qui introduit une chanson presque pop au piano comme Elton John savait les faire au début de sa carrière…sauf qu’ici la voix de West est bien plus belle…Surprenant mais très beau, avant d’attaquer la pièce de résistance. L’album s’achève sur “Isle Of The Broken Tree“, près d’une demi-heure d’épique découpée en 6 sections. Le morceau est riche, complexe et varié avec une intro acoustique, des claviers majestueux et des cordes luxuriantes, presque un générique de film. Les passages pastoraux, guitares/flute/voix ( “II. Meadow of Shades” ) disputent aux moments plus progressifs et symphoniques voire aux passages vraiment hard ( la section centrale où tant le chant que la rythmique évoquent… Led Zep ! ). Le final et la montrée crescendo vers le climax étant eux progressifs en diable avec une des rares envolées de guitares du disque et un retour au symphonisme puissant du début.

Quel disque ! Le groupe y est solide, on sent qu’il n’y a pas d’ego, que tout est au service de la musique, sans que personne ne cherche à se mettre en valeur artificiellement. Alors oui, la production pourrait être meilleure, plus détaillée, mais en même temps elle sonne vintage, ce qui est l’esprit du disque. Un des tous meilleurs albums de progressif américain depuis … longtemps et un bon candidat au top de l’année.

EVERSHIP – II

Evership - II (2018)

Titre : II
Artiste : Evership

Date de sortie : 2018
Pays : Etats-Unis
Durée : 62’59
Label : Atkinsong Productions

Setlist

1. The Serious Room (Live *) (7:52)
2. Monomyth (10:44)
3. Real or Imagined (8:17)
4. Wanderer (7:39)
5. Isle of the Broken Tree (28:27) :
– I. Castaway
– II. Meadow of Shades
– III. My Father’s Friend
– IV. Hall of Visions
– V. My Own Worst Enemy
– VI. The Tree and the Door

Line-up

– Beau West / lead vocals
– James Atkinson / lead guitars
– John Rose / lead, rhythm, Classical & slide guitars
– Shane Atkinson / keyboards, drums, percussion, vocals, composer, arranger, programming & production
– Ben Young / bass, Chapman stick

With:
– Joel Grumblatt / drums (1)
– Jesse Hardin / guitar solo (1)
– Mike Priebe / backing vocals
– Amelia West / backing vocals
– The Charles Heimermann Chorale
Orchestra section :
– Allison Cowan
– Asa Graham Hartley
– Nicelle Priebe
– Gracie Staggenborg
– Emily Walsh

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