Echolyn - Echolyn
4.3TOP 2012

C’est l’histoire d’un groupe, parmi une poignée d’autres, qui a redonné vie au rock progressif. C’était dans les années 90 avec des albums comme As the World (1995), Suffocating the Bloom (1992), Cowboy Poems Free (2000) et, déjà, Echolyn (1991), titre éponyme que les américains ont réutilisé en guise de retour de service. Car de retour il était question avec cet album plein de vie. Ou plus exactement de nouveau départ. Depuis The End Is Beautiful, sept ans auparavant, Echolyn avait joué d’une discrétion volontaire, poussée par quelques panouilles annexes, notamment de son guitariste Brett Kull. Au sortir de ce silence, le groupe livrait son premier double album – un exercice obligatoire pour tout prog-rock-band qui se respecte et respecte ses fans – plutôt courtaud puisqu’il pourrait largement tenir sur un seul disque à l’approche de son heure et quart (à peine) de jeu quand la double peine horaire est habituellement de mise.

La volonté de creuser ces deux sillons tout aussi fertiles est un choix judicieux. Et malgré l’attente, il est heureux de constater que le moteur tourne à plein régime dès le premier morceau, « Island » et ses 16 minutes typiques de Echolyn : mélodies énergiques, breaks affolés, harmonies, dissonances, technique ultra-maîtrisée, le savoir faire se rappelle aux bons souvenirs de l’auditeur. On a le sentiment euphorisant de toucher quelque chose de pas banal, de se prendre dans le piège tendu avec une saine curiosité. Echolyn reste espiègle, n’hésitant pas à enchaîner avec « Headright », petite chose fragile, sorte de pop rafraichissante très seventies qui fait taper du pied. Le mid tempo de « Locust To Bethlehem » mis en relief par des cordes inattendues change une nouvelle fois de braquet. Et comme dans un manège, « Some Memorial », à la fois plus crunchy et habillé d’un folk transporté, joue du crescendo sans se ringardiser. Chose rare.

Et c’est ainsi tout au long des huit titres proposés. On pourrait d’ailleurs évoquer quelques accents jazzy (« Past Gravity »), cette patine luxueuse façon Spock’s Beard dont ils partagent les influences communes Gentle Giant et Kansas, du bruitage parasite (« When Sunday Spills » sur les violences conjugales), du vaporeux mélancolique un tantinet AnathemaSpeaking In Lampback »), de la déglingue suspendue (« The Cardinal and I »). Il sera ensuite temps de redescendre du carrousel pour mieux y revenir puisque évidemment, pareil album nécessite d’en recommencer l’exploration. La suite des événements allait confirmer cette belle tendance avec le très beau I Heard You Listening sorti en 2015.

ECHOLYN – ECHOLYN

Echolyn - Echolyn (2012)

Titre : Echolyn
Artiste : Echolyn

Date de sortie : 2012
Pays : États-Unis
Durée : –
Label : –

Setlist

1. Island (16:38)
2. Headright (3:00)
3. Locust To Bethlehem (5:11)
4. Some Memorial (11:54)
5. Past Gravity (7:11)
6. When Sunday Spills (8:48)
7. Speaking In Lampblack (10:45)
8. The Cardinal And I (7:20)

Line-up

Ray Weston / lead & backing vocals
– Brett Kull / guitars, lead & backing vocals
– Chris Buzby / keyboards, backing vocals
– Paul Ramsey / drums, percussion, backing vocals
– Tom Hyatt / bass, backing vocals

Collaborators:
– Nina Beate / violin (1)
– Kaveh Saidi / violin (2)
– Lori Saidi / viola
– Rajli Bicolli / cello
– Mark Gallagher / baritone saxophone
– Jacque Varsalona / backing vocals

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A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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