Dream Theater
le Zénith – Paris
12 février 2017

Dream Theater revenait jouer à Paris ce 12 février presque un an après s’être produit au Palais des Congrès en mars 2016 où ils donnèrent un excellent concert mais où le son laissait un peu à désirer. Ils firent donc un « come back » dans la capitale dans un Zénith quasiment au complet et surchauffé pour nous présenter un show commémorant les vingt-cinq ans d’un album prépondérant pour le groupe américain Images and Words et qui marqua le début d’une carrière prestigieuse.

On peut certifier que Dream Theater n’est jamais aussi bon que lorsqu’il se produit en « live », les nombreux concerts qu’avait donné le groupe en attestent largement; et pour ceux qui en douteraient encore, on pourra leur conseiller (entre autres) les deux magnifiques CD live Official bootlegs datant de 2005 et reprenant l’emblématique Dark Side Of The Moon du Floyd,sur le premier disque et sur le second A Saucerful of Floyd, sur ces deux disques ces messieurs furent sidérants et étourdissants de savoir-faire à tous les niveaux.

Ils démontraient ainsi à toutes les personnes sceptiques (s’il en subsistait) qu’ils n’étaient pas juste un groupe de métal/prog mais bien de grands virtuoses pouvant s’adapter à des registres musicaux plus subtils et plus ambitieux, tout cela en se réappropriant une partie de l’œuvre du Floyd ou de Crimson comme ils firent de même en réactualisant le génial « Funeral For a Friend » de mister Elton John.

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On se doit d’affirmer que Mike Portnoy leur prodigieux ex batteur était de la partie et cela devait énormément se sentir, car depuis qu’ils ont perdu cet élément primordial le quintet a beaucoup souffert et se remet difficilement de ce départ dur à digérer. Portnoy qui fut aussi présent à la création d‘Images and Words que Dream Theater jouera intégralement dans la deuxième partie de soirée.

Le concert devait débuter à 19 heures pile, et après une intro instrumentale assez conventionnelle, James Labrie rejoint de suite la bande et ils enchainèrent trois heures d’un show sans faille entrecoupé d’un léger entracte.

Et là, commença la longue déferlante sonore à laquelle nous a habitué Dream Theater, on notera au passage que la scénographie fut elle assez sobre dans l’ensemble, et pas spécialement étincelante, offrant ainsi à mister Petrucci une vitrine magnifique au travers de laquelle il nous gratifia comme d’habitude ses solis « haut de gamme », pour les détracteurs potentiels,(s’il en reste) nous les renvoyons sur You tube, ou ils pourront se délecter de sa superbe reprise du « Purple Rain » de feu Prince.

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Curieusement, ce sera l’album A Change of Seasons qui fut à l’honneur au cours de cette soirée, et pas moins de sept titres ont été interprétés durant le set, deux seuls petits titres tirés d’Astronishing (premier double album avec Mangini) eurent quant à eux droit de cité.

La virtuosité de ses membres n’étant plus à prouver, Dream Theater surfe sur la vague de son succès qui ne se dément pas au fil des années, comme ce fut encore le cas ce soir à Paris.

Il semble regrettable qu’aucun morceau de leur fabuleux album Black Clouds and Silver Linings ne se verra joué ce soir-là, mais ainsi en a décidé Petrucci, car Portnoy exit c’est un peu lui qui tire les ficelles du combo, c’est bien dommage car ces albums sont certainement les plus « prog » de Dream Theater depuis des lustres.

Jordan Rudess le claviériste qui reste un poil sous employé au sein du groupe rejoint encore ses acolytes à la guitare/synthé qu’il affectionne tant sur le devant de la scène, pour ce qui est de la basse toujours tenue par John Myung elle est une fois de plus sous mixée et fait figure de parent pauvre, c’est bien triste, bien qu’il fit un très bon solo de basse bien apprécié du public.

Quant au nouveau batteur Mike Mangini, son jeu fut impeccable mais on n’y retrouvait guère la « folie » de Portnoy, il put malgré tout placer un remarquable solo bien ficelé après « Metropolis pt 1″, comblant très bien ce manque de démesure, ainsi le répertoire de Dream Theater n’en pâtissait pas pour autant le musicien s’étant parfaitement adapté à celui-ci.

Quant à James Labrie, il présenta son ami de plus de vingt-cinq ans John Myung qu’il disait être le disciple du génial bassiste Jaco Pastorius, puis encore Labrie remercia le public parisien de son accueil, précisant que Dream Theater s’était produit pour la première fois à Paris à la Locomotive en 1992.

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La reprise d’un titre de Metallica fit monter encore la tension d’un cran, satisfaisant ainsi un public ravi, elle changea quelque peu le tempo de cette soirée très survoltée.

Après la pause, le groupe reprit donc l’album Images and Words dans son intégralité, le public apparemment connaissait pas mal de titres et chantait quelques passages avec Labrie dont la voix était un peu trop criarde par instant.

Ce fut par le fait et depuis le départ de Potnoy, mister John Petrucci qui par son jeu subtil et stylistique devait gagner les suffrages des spectateurs souvent médusés par sa vélocité, il est vrai n’étant pas toujours un gage de qualité, mais en ce qui concerne le guitariste, il allie virtuosité, maestria et inventivité qui sont bien souvent des valeurs incompatibles chez les guitaristes de « métal » autres que lui et chez qui il manque cette finesse de jeu propre à Petrucci.

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Après deux heures et demie d’un show tout en puissance, les cinq musiciens revinrent sur scène pour interpréter cinq autres titres (aussi connus du public) de A Change Of Seasons qui devait conclure un show impeccable de bout en bout.

Il était tard, le public en redemandait, mais les lumières du Zénith devaient se rallumer, le groupe s’envolait vers d’autres aventures européennes et les spectateurs n’avaient plus qu’à se diriger vers le marchandising (un peu prohibitif!) pour se consoler.

Dream Theater reste quoiqu’il arrive le maitre du genre « métal/prog », le cadre d’une scène lui est largement bénéfique et démultiplie les capacités de ce groupe que l’on peut à présent qualifier de « légendaire ».

Photos : Christian Arnaud

Setlist

The Colonel  (Two Steps From Hell song)

Act 1:
The Dark Eternal Night
The Bigger Picture
Hell’s Kitchen
The Gift of Music
Portrait of Tracy  (Jaco Pastorius cover + John Myung solo)
As I Am (bridged with an excerpt of Metallica’s ‘Enter Sandman’)
Breaking All Illusions

Act 2 (Images and Words):
Happy New Year 1992 – Intro Tape
Pull Me Under
Another Day
Take the Time (extended)
Surrounded
Metropolis Pt. 1: The Miracle and the Sleeper (with drum solo)
Under a Glass Moon
Wait for Sleep (with extended keyboard intro)
Learning to Live

Encore:
A Change of Seasons: I The Crimson Sunrise
A Change of Seasons: III Carpe Diem
A Change of Seasons: IV The Darkest of Winters
A Change of Seasons: V Another World
A Change of Seasons: VI The Inevitable Summer
A Change of Seasons: VII The Crimson Sunset

Line up

– James LaBrie / lead vocals
– John Petrucci / guitars,
– Jordan Rudess / keyboards,
– John Myung / bass
– Mike Mangini / drums, percussion

A propos de l'auteur

Daniel Sebon

Salut à tous je suis Dany , nouvellement chroniqueur sur Amarokprog et anciennement sur Koid9 et progressivearea, je collabore aussi sur Lebolg du jester. Grand amoureux de musique devant l'éternel, et de musiques progressives au sens large du terme. J'ai été bercé aux sons du "Segent peppers" des Beatles, puis ensuite je n'ai jamais lâché la musique qui représente un peu mon oxygène. Après j'ai passé ma vie en écoutant Hendrix, Genesis, Floyd ,Marillion, Mike Oldfield, Tull, Yes, Ange Camel (entres autres génies que j'ai aimé) tout en découvrant les plus récents, Steve Wilson, Riverside, Gazpacho, Dream Theater, The Watch, Anathema.(entres autres très belles découvertes qui sont venues après. Puis la musique planante m' aussi bien accompagné telle, Tangerine Dream ,Vangelis, Klauz Schulsz. Sans parlé aussi de la période "jazz rock" qui m'a bien plue jadis "au temps de Pierre et Gladys", telle Mahavischnu Orchestra, Chick Corea, Al Dimeola, Pat Metheny, voilà quelques perles qui ont émaillé ma longue vie d'aficionados et je compte bien par le biais d'Amarokprog, en découvrir d'autres et vous en faire découvrir. Progresssivement votre Dany