Dream Theater - Distance Over Time
4.0Note Finale

Pour leur nouvel album, nos amis de Dream Theater sont (enfin) redescendus de leurs aspirations (trop) hautes perchées qu’ils avaient essayé de taquiner sur le double hypertrophié The Astonishing (2016). Le résultat n’avait pas, loin de là, fait l’unanimité. Du coup, terminée l’ambition démesurée qui pouvait se confondre avec la prétention mal placée et retour, non pas à la case départ, mais à un style nettement plus proche de Falling Into Infinity (1997), Awake (1994) ou Systematic Chaos (2007). Et les choses commencent plutôt bien avec “Untethered Angel” et “Paralyzed” dont certains échos rappelleront également “Finally Free” et “Home” de Scenes From a Memory (1999). Les riffs s’enchaînent et plongent l’album dans un bain de métal tout à fait accessible, qui évite assez soigneusement les circonvolutions d’usage. Du carabiné mais jamais plombé par un excès de technique qui imposerait un repos forcé pour passer à la suite. Distance Over Time c’est ça : du métal qui flirte parfois avec des aspirations plus aériennes (“Fall into the Light”, “At Wit’s End”).

Si certains titres s’avèrent passe-partout, ils peuvent malgré tout renfermer quelques passages dorés comme les soli lumineux de John Petrucci sur “Barstoll Warrior”. On sent l’influence blues plus présente (“Room 137”) et la basse de John Myung mise en avant comme rarement auparavant (“S2N”). Les influences historiques de Rush sur le combo resurgissent alors naturellement et balancent même jusque Deep Purple (“Viper King”). Si certains choix de production pourront faire causer (comme les effets de réverbération sur la voix de James laBrie), la volonté de Dream Theater semble bien de creuser un peu plus son sillon en lorgnant sur son versant pop (“Out of Reach”) avec des titres plus courts, si l’on excepte les neuf minutes de “At Wit’s End”. Certes, on a connu les américains bien plus inspirés mais ne mégotons pas sur ce qui s’avère leur meilleur opus depuis l’arrivée de Mike Mangini en 2011. Pas de quoi tomber de son siège mais largement suffisant pour revenir fureter du côté d’un groupe qui n’a décidément pas dit son dernier mot…

DREAM THEATER – DISTANCE OVER TIME

Dream Theater - Distance Over Time (2019)

Titre : Distance Over Time
Artiste : Dream Theater

Date de sortie : 2019
Pays : États-Unis
Durée : 60’01
Label : InsideOut

Setlist

1. Untethered Angel (6:14)
2. Paralyzed (4:17)
3. Fall Into The Light (7:04)
4. Barstool Warrior (6:43)
5. Room 137 (4:23)
6. S2N (6:21)
7. At Wit’s End (9:20)
8. Out Of Reach (4:04)
9. Pale Blue Dot (8:25)
10. Viper King (4:00) (Bonus Track)

Line-up

– James LaBrie / Vocals
– John Petrucci / Guitars
– John Myung / Bass
– Jordan Rudess / Keyboards
– Mike Mangini / Drums

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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