Dead Can Dance - Anastasis
4.3TOP 2012

S’il y a des groupes qui ont le culte entre deux chaises, d’autres n’en finissent pas de grandir… comme Dead Can Dance. Dans la maison tenue par Brendan Perry et Lisa Gerrard, sept albums avaient suffit pour forger les contours d’une musique planante, portée par un duo hypnotique. Cet art consommé du mélange des genres, sans paillettes ni feux follets, avait culminé sur Into The Labyrinth (1993) avant d’abandonner (provisoirement, donc) la course avec un Spiritchaser (1996) un peu làs.

Depuis, chacun des convives a tracé sa route. Brendan Perry préfèrera vivre loin du foin médiatique, dans sa chapelle de Quivvy Church en Irlande, et ne retrouvera les chemins des studios qu’en 2010 avec le (très) sombre Ark. A l’opposé, Lisa Gerrard aura navigué de projets en projets avec une élégance folle, déployant ses talents de compositrice et ses vocalises de magiciennes sur de nombreuses bandes originales (Heat, Whale Rider et surtout Gladiator en 2002 en collaboration avec Hans Zimmer), des aventures connexes (Jeff Rona, Klaus Schulze) et des albums solo d’excellente facture (The Silver Tree en 2007 et le troublant Black Opal en 2009). Mais le vide laissé par le silence mortuaire de Dead Can Dance restait tenace. Assourdissant. Et après une réunion exceptionnelle pour la tournée des grands ducs en 2005 (tarif quatre étoiles), les rumeurs d’une reformation hypothétique avaient filtré…

16 années ! Il en aura fallu de la patience pour aborder un nouveau chapitre signé du duo surdoué. Sans calcul, le retour aux affaires est donc officiel et Anastasis Résurection » en grec) se présente dans un écrin éblouissant de noirceur. A l’image de cette musique dont les frontières entre incantations et folklore sont toujours aussi ténues. L’histoire est belle. A l’image de « Children of the Sun », majestueuse composition qui entame les retrouvailles et prouve que Brendan Perry conserve une langueur d’avance. Le temps s’efface et recouvre les années avec ses arabesques rodées (« Anabasis »), ses ténèbres d’une froideur envoûtante (« Amnesia ») et ses envolées enivrantes (« Opium »). D’une richesse sonore éblouissante (les influences moyen-orientales sont complétées par les folklores grecs, turques et nord africains), l’album pêche parfois dans l’excès de confiance avec quelques embardés un tantinet complaisantes de world musicAgape », « Kiko »). Rien toutefois qui ne puisse vraiment ternir cette œuvre subtile qui ne souffre pas des limites d’un retour providentiel : « Return of the She-King » et son souffle épique et a contrario le minimalisme de « All In Good Time » synthétisent le propos. On regrettera que le duo n’use pas plus de leurs harmonies vocales, se contentant de chanter chacun de leur côté. Si l’on a parfois le sentiment de perdre un peu de la magie d’antan (un peu, seulement), le talent déployé sur cet Anastasis dépasse largement le stade du retour par simple intérêt financier. Et l’énorme tournée qui s’ensuivra devait asseoir un peu plus ce très bel album dont on attend encore la suite.

DEAD CAN DANCE – ANASTASIS

Dead Can Dance - Anastasis (2012)

Titre : Anastasis
Artiste : Dead Can Dance

Date de sortie : 2012
Pays : Australie
Durée : 54’06
Label : –

Setlist

1. Children Of The Sun (7:33)
2. Anabasis (6:50)
3. Agape (6:54)
4. Amnesia (6:36)
5. Kiko (8:01)
6. Opium (5:44)
7. Return Of The She-King (7:51)
8. All In Good Time (6:37)

Line-up

– Brendan Perry / vocals, multi-instruments
– Lisa Gerrard / vocals, multi-instruments

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A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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