Blackfield - V
4.3TOP 2017

En voilà une bonne nouvelle ! Le retour de Steven Wilson auprès d’Aviv Geffen dans le projet-duo Blackfield a de quoi faire dresser les oreilles ce qui est toujours mieux que s’arracher les cheveux. Après un quatrième album loin de faire l’unanimité, la magie allait-elle de nouveau enrober cette musique à la fois planante, folk, métal et pour tout dire atmosphérique. Le mélange, curieux sur le papier, entre le chantre du rock progressif contemporain et une star de la pop israélienne (notamment jury du The Voice local), avait donné bien du fil à retordre à tous les Cassandre en herbe qui ne voyaient là qu’une association à but lucratif. Or, les deux amis se sont finalement trouvés assez de points communs et d’affinités pour explorer un chemin pavé de mélodies harmonieuses et délicates.

Cinquième opus fort naturellement intitulé V, il faut convenir que le tour de passe-passe est parfaitement exécuté. Cette volonté manifeste de garder la main sur une musique à la fois exigeante et parfaitement universelle trouve ici une forme d’accomplissement que la production signée Alan Parsons se charge de magnifier sans chichi. Le mélange de cordes sur fond de riffs rock et acoustiques, ne se perd pas dans l’audace, certes, mais nous met la tête dans les étoiles. Que ce soit sur la brillante introduction « A Drop in the Ocean » ou les titres les plus mainstream tels que « Family Man », Blackfield entremêle la simplicité directe de Geffen aux coups de foudre de Wilson. Le tout sur fond d’harmonies vocales toujours aussi contagieuses. Les guitares serpentines sont là. Les ambiances diffusent.

V alterne les titres qui décollent littéralement (« How Was Your Ride », « Life is an Ocean », « Salt Water »), le dénudé (« Sorry » superbe de dépouillement), ceux qui font taper du pied (« Lately »), voire carrément groovy (« Lonely Soul »). On retrouve du Porcupine Tree, de la patte Wilson, mais l’écriture de Geffen est bien là (« October ») et n’oublie jamais l’émotion, le spleen, la mélancolie comme marque de fabrique de Blackfield. Le conclusif « From 44 to 48 », tellement autobiographique pour Wilson, raisonne alors de toute sa subtilité. Finalement, il ne faut qu’un peu moins de trois quart d’heure aux deux zigotos pour nous convaincre que cet album est une sacrée réussite. Évidemment, ils ne réinventent pas la poudre, ni la recette miracle d’un renouveau illusoire. Mais pourquoi se priver quand le résultat est de ce calibre ? Que les tristes figures qui n’entendent ici que du réchauffé aillent écouter ailleurs si l’herbe est plus verte.

BLACKFIELD – V

Blackfield - V (2017)

Titre : V
Artiste : Blackfield

Date de sortie : 2017
Durée : 44’01
Label : Kscope

Setlist

1. A Drop In The Ocean (1:23)
2. Family Man (3:37)
3. How Was Your Ride? (3:58)
4. We’ll Never Be Apart (2:54)
5. Sorry s (2:58)
6. Life Is An Ocean (3:26)
7. Lately (3:24)
8. October (3:31)
9. The Jackal (3:56)
10. Salt Water (2:39)
11. Undercover Heart (4:02)
12. Lonely Soul (3:42)
13. From 44 To 48 (4:31)

Line-up

– Aviv Geffen / vocals, guitar, keyboards
– Steven Wilson / vocals, guitar, keyboards
With:
– Tomer Z / drums
– Eran Mitelman / keyboards
– London Session Orchestra / strings