Arena - Double Vision
4.0Note Finale

D[Album]ouble Vision est le 2eme album de cette incarnation d’Arena et malgré son titre qui renvoie au Visitor, est un album original et non une suite du disque qui fête ses 20 ans cette année. En fait, dans sa construction, c’est à Immortal ? que l’album me fait penser. En mieux. Même style et même construction avec quelques morceaux courts et très catchy (“Zhivago Wolf” ou “Paradise of Thieves“), d’autres plutôt heavy (“The Mirror Lies” , “Red Eyes” ) , une balade acoustique (“Poisoned“) et une longue suite de 23 minutes (“The Legend Of Elijah Shade“).

Pour autant, si la recette est semblable, du néoprog énergique lorgnant parfois vers le hard-rock, le résultat est différent.  L’album a été majoritairement écrit par Clive Nolan, qui est l’auteur de tous les textes et signe ou co-signe toutes les compositions. Cette omniprésence donne un cachet particulier à l’album que je trouve parfois proche de l’esprit Victorien dans lequel Nolan situe des comédies musicales. Bien sûr on est ici beaucoup plus rock et électrique, mais le chant parfois théâtral de Manzi sur “The Legend Of Elijah Shade” ou l’intro de “Scars“, les parties de piano sur “The Legend…” nimbent l’album de cette atmosphère. Puisqu’on parle de “The Legend of Elijah Shade“, attardons-nous sur le morceau qui est la pièce de résistance de l’album. C’est probablement le titre le plus complexe jamais composé par Arena. Tel un musical, il comporte des passages dramatiques, d’autres presque macabres, autour de l’histoire d’une créature fantastique, sorte de vampire fantôme incarné, habité par le chant de Manzi. Un véritable opéra-rock miniature qui met complètement en valeur le triptyque Manzi/Nolan/Mitchell.

Le disque se permet également quelques clins d’œil vers le passé du groupe, “Scars” me fait l’effet d’une suite des “Crying for Help” dans sa première partie, avant de se muer en instrumental qui sublime le jeu de gratte de Mitchell. Certains textes renvoient parfois à Contagion ou The Visitor et l’album se conclue d’ailleurs comme The Visitor. Coté réalisation c’est propre, John Mitchell a posé sa patte d’ingé son et le groupe semble très homogène. Les batteries de Pointer en particulier, sont à la fois claires et plus inventives et recherchées que celles que le batteur anglais nous avait habitué à produire. Quel contraste avec le concert parisien ou l’accumulation de problèmes technique l’avait handicapé… Kylan Amos a trouvé sa place, avec un jeu proche de son prédécesseur (l’intro de “The Mirror Lies“). Quant à Mitchell et Nolan, dont on connait la virtuosité, pas un ne titre la couverture à lui et leur jeu reste au service de la musique, sobre quand il le faut, démonstratif ou technique quand c’est nécessaire.

Entre la longue suite, les immédiats “Zhivago Wolf” et “Paradise of Thieves” et la respiration acoustique “Poisoned” ou Mitchell s’illustre encore une fois d’un parfait solo acoustique, Arena livre une partition réussie. Ce disque est plutôt une bonne surprise après 3 opus que j’avais trouvé inégaux et en demi-teinte, et se positionne dans les tous bons disques du groupe.

ARENA- DOUBLE VISION

Arena - Double Vision (2018)

Titre : Double Vision
Artiste : Arena

Date de sortie : 2018
Pays : France
Durée : 56’01
Label : Verglas Music

Setlist

​1. Zhivago Wolf (4:48)
2. The Mirror Lies (6:58)
3. Scars (5:17)
4. Paradise Of Thieves (5:10)
5. Red Eyes (6:41)
6. Poisoned (4:28)
7. The Legend Of Elijah Shade (22:39)

Line-up

– Paul Manzi / vocals
– John Mitchell / guitars, backing vocals
– Clive Nolan / keyboards, backing vocals
– Kylan Amos / bass
– Mick Pointer / drums