Archive - Axiom
4.0Top 2014

Le noyau dur Darius KeelerDanny Griffiths avait prévenu : ce neuvième album de Archive, telle une neuvième porte mystique, serait le fondement d’un grand œuvre accompli, plein et entier, frontalement visuel. Et pour assumer totalement l’imaginaire déployé depuis 20 ans, le groupe anglais s’accompagne cette fois d’un moyen métrage de 40 minutes illustrant ce qu’il conviendra d’appeler une bande originale.

Proposé au Sundance Festival de Londres, et joué sur scène, Axiom s’avère un hybride en contraste, plein de sombre, de pénombres, de clair-obscurs déployant les thèmes (récurrents) de la religion, de l’opression, d’un monde totalitaire qui zigouillerait toute véléité ou traces de liberté morale voire de libre arbitre et plongerait tout ça dans une sorte de claustrophobie ambiante carabinée.

Et donc ? Le résultat est étonnant ! Les fans du groupe ne s’y retrouveront peut-être pas mais l’expérience mérite largement d’être vécue. Il ne faut pourtant pas s’y tromper : Axiom est un ruban de rêve créé dès l’origine du projet. Et c’est bien sur ce concept musical que l’image est ensuite venue se greffer pour illustrer le scénario fantasmé. Un film en noir et blanc réalisé par Jesus Hernandez et le collectif cinématographique espagnol NYSU qui trouve logiquement son aboutissement dans l’association du son et de l’image. Paradoxalement, si l’association des deux semble si fondamentale, la musique parvient malgré tout à fonctionner en parfaite autonomie.

Dissocié des images proposées par le film, l’imaginaire est convoqué aux premières loges. Du magnifique « Distorted Angels », à couper le souffle de lyrisme, de pudeur et de sensibilité, aux cloches élégiques du morceau éponyme, succèdent une rythmique vaporeuse (« Baptism »), du trip-hop de haute volée (« Transmission Data Terminate »), de l’atmosphérique étincelant (« The Noise Of Flames Crashing »), une mélodie lumineuse (« Shiver » – petit chef d’œuvre qui fera penser à un mélange subtile entre The Pineapple Thief et Steven Wilson), le tout porté par les voix toujours adéquates de Maria Q, Pollard Berrier, Holly Martin et Dave Pen que l’on retrouvait sur le précédent et déjà très inquiet With us until you’re dead. L’effet hypnotique est total. La mise en orbite imaginative, complète.

DESCRIPTION

Archive_-_Axiom

Titre : Archive
Artiste : Axiom

Date de sortie : 2014
Durée : 39:28
Label : –

Setlist

1. Distorted Angels (3:23)
2. Axiom (Instrumental) (10:00)
3. Baptism (5:02)
4. Transmission Data Terminate (4:58)
5. The Noise of Flames Crashing (4:16)
6. Shiver (7:33)
7. Axiom (Reprise) (Instrumental) (4:16)

Line-up

– Darius Keeler / synthesizer, piano, programming, arrangements
– Danny Griffiths / synthesizer, samples, programming, arrangements
– Pollard Berrier / vocals, guitar, programming, arrangements
– Dave Pen / vocals, guitar
– Maria Q / vocals
– Holly Martin / vocals
– Steve Harris / guitar, backing vocals
– Jonathan Noyce / bass
– Steve (“the menace”) Davis / bass
– Steve (“Smiley”) Barnard / drums
– Mickey Hurcombe / guitar, keys
– Tom Brazelle / harmonica

 

A propos de l'auteur

Fondateur du site AmarokProg en 2003. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Passionné de cinéma(s) et de musique(s), ce qui devrait surprendre toute la communauté, mézigue met à profit ces petites lubies dans son cadre professionnel ce qui ne manque ni de sel, ni de poivre d'ailleurs (tout comme ses cheveux diront les moins obséquieux). What else?

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