Anathema - The Optimist
4.5Note Finale

Les phares allumés d’une voiture en pleine nuit noire, tel est le postulat de départ du nouvel album d’Anathema qui se nomme The Optimist, et, c’ est sans aucun doute l’une des meilleures productions du groupe britannique à ce jour. Leur précédent album studio Distant Satellites avait déjà été considéré par beaucoup, comme l’apogée de leur carrière, c’était sans compter sur cet onzième opus  qui place celui-ci encore un cran au-dessus de cet album exceptionnel. Car sur The Optimist tout est réussi, à commencer  par les orchestrations fabuleuses qui sont développées jusqu’à leur paroxysme, ceci ajouté aux compositions devenues à présent addictives des frères Cavanagh qui se surpassent ici en ayant donné naissance à des textes agrémenté d’une partition de haut vol. Personnellement je considère, mais cet avis n’engage que moi, qu‘Anathema se situe dans le peloton de tête du courant « post/rock » de la décennie passée, ayant succédé à la musique progressive, au même titre que  les très bons combos que sont Gazpacho, Riverside, RPWL voire  Archive.

L’idée de ce nouvel album est  née sur l’artwork de la couverture de l’album A Fine Day To Exit sorti en 2001. Pochette sur laquelle on découvrait déjà le tableau de bord d’un même véhicule arrêté sur une plage, avec des vêtements abandonnés sur le sable, le personnage étant apparemment absent, ce qui en quelque sorte fut un préambule à The Optimist. comme on le comprendra après. Le thème de cette suite  aurait  été suggéré par leur  nouveau producteur John Doogan, qui a aussi insisté pour qu’ Anathema  enregistre cet album en tant que groupe « live », ce qu’ls n’avaient pas fait depuis des années.  Danny Cavanagh devait expliquer  lors d’une récente interview qu’on pouvait supposer que The Optimist était semi-autobiographique, dans le sens ou pour cette nouvelle histoire il avait  utilisé un « substitut » concernant  le  personnage qui a pour nom  The Optimist. Les frères Cavanagh se sont donc mis à deux pour le fait revivre sous cet angle, et ont  tissé  une bande son ajustée à ce nouveau récit, puis y ont inclus des sentiments de façon introspective, y ont insérer autour de ce personnage leurs propres peurs et leurs espoirs, en faisant de celui-ci le sujet principal des chansons figurant sur The Optimist. Tout en  inventant le monologue interne au  récit de The OptimistVincent et Danny précisent que c’était à la base l’idée de John d’écrire cette fiction qu’ils ont finalement réalisée, pour cela  ils se sont servis de A Fine Day To Exit comme point de départ. Quelques thèmes du nouvel album sont d’ailleurs très ressemblant avec celui-ci. Vincent extrapole plus loin concernant l’influence de l’œuvre de cet album, commentant que « le type en question n’était plus dans  la voiture et avait  disparu – on n’a jamais su ce qui lui était arrivé, a-t-il commencé une nouvelle vie? A-t-il succombé à son destin? Cela n’a jamais été réellement expliqué« . Par le fait, ils ont fait preuve d’une grande imagination, en échafaudant cette histoire qui caractérise  parfaitement le style assez souvent énigmatique. propre à Anathema.

Les vocaux, aussi bien ceux de Vincent que de Danny, ou plus que jamais ceux de Lee Douglas, (elle n’a jamais autant participé que sur cet album) ont bénéficié d’un mixage haut de gamme,  les guitares y sont incisives et ciselées méthodiquement, de manière à nous immerger pleinement  dans l’univers « ambigu » de cet Optimist. Pour cette suite musicale qui peut s’apparenter à un « trip » mélancolique du personnage cherchant  à tout prix sa voie, Anathema renoue avec ses anciennes amours, en récupérant le génie de leurs compositions antérieures, qui leur a d’ailleurs rarement fait défaut. Ces compos et ces nombreux concerts qui ont défini leur grande renommée et qui leur a permis d’obtenir une super notoriété et un succès mondial. Les paroles du morceau d’ouverture « 3263N11714W » proviennent apparemment de la bande fm d’un auto radio et le  titre est donc a réplique exacte du panneau indiquant  la plage de Silver Strand à San Diego- le dernier lieu connu ou s’était  rendu ce fameux personnage imaginaire de The Optimist – qu’on voyait  sur la couverture de A Fine Day to Exit. Le titre « Endless Ways », justement interprété par la belle Lee Douglas est un sommet du disque, c’est un pur bonheur d’entendre la voix « angélique » de cette grande chanteuse qui  représente une grande valeur ajoutée pour Anathema, son rôle assez récent fut plus que nécessaire dans l’œuvre du groupe, elle s’est vu par moment mise en retrait (à tort, on peut le déplorer) au profit des frères Cavanagh qui, il est vrai sont, nul ne le contestera,  les véritables créateurs d’Anathema. Lee Douglas intervient sur ce disque, dans pas moins de quatre titres, elle ensorcelle littéralement les superbes compos des frères Cavanagh qui ont trouvé sans doute en elle, un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais, le chaînon manquant à leur bel édifice Anathemien.

La quasi intégralité de The Optimist baigne dans une mélancolie latente, c’est dû en partie, notamment aux magnifiques accords dominant de piano, plus employés que les guitares sur ce disque, et à la voix omniprésente de Lee Douglas les rythmes entêtants demeurent dans un « post/rock » cher à Anathema, qui sur ce disque se rapprocherait quelque peu du groupe Archive avec qui ils ont certaines affinités mélodiques, c’est assez flagrant sur cet album.  D’autre part, tout ce que touche Anathema  confine au sublime, personnellement j’ai eu l’extrême chance de les voir jouer à Paris à l’Eglise St Eustache en novembre 2015 dans une version acoustique et cela restera comme l’un des meilleurs concerts auxquels j’ai pu assister lors de ma longue vie de mélomane.  On se doit de conseiller plus que jamais aux aficionados du combo Anglais l’excellent cd et surtout le DVD  A Sort Of Homecomming retraçant cette magnifique tournée   » acoustique » dans des églises et dans des cathédrales de nombreux pays qu’ils ont visité. En guise de conclusion de cet album Anathema a trouvé avec « Back To The Start« , le pendant au « Hey Jude » des Beatles, très certainement au travers de son final dont le thème entraînant  rappelle étonnement  celui de cette chanson mythique des Fab Four  – cela bouclant la boucle de l’histoire de ces deux albums se terminant sur le son d’une « porte qui se referme ». Soyons « optimistes » ce nouvel opus d‘Anathema risque de faire très très mal, leur prochaine tournée commencera par l’ Amérique latine, se poursuivant en Europe, elle passera par la  France, et par Paris le 4 octobre, pour nous faire vivre en « live » ce nouvel album et plus encore car cette fois ce sera dans une version électrique qu’ils se produiront.. En tout cas, il nous restera ce grandissime album pour nous faire patenter de leur prochaine venue dans nos contrées.

Photo : Scarlet Page

ANATHEMA – THE OPTIMIST

Anathema - The Optimist (2017)

Titre : The Optimist
Artiste : Anathema

Date de sortie : 2017
Pays : Angleterre
Durée : –
Label : KScope

Setlist

1. 32.63N 117.14W
2. Leaving it Behind
3. Endless Ways
4. The Optimist
5. San Francisco
6. Springfield
7. Ghosts
8. Can’t Let Go
9. Close your Eyes
10. Wildfires
11. Back to the Start

Line-up

Vincent Cavanagh
Daniel Cavanagh
John Douglas
Jamie Cavanagh
Lee Douglas
Daniel Cardoso

 

A propos de l'auteur

Daniel Sebon

Salut à tous je suis Dany , nouvellement chroniqueur sur Amarokprog et anciennement sur Koid9 et progressivearea, je collabore aussi sur Lebolg du jester. Grand amoureux de musique devant l'éternel, et de musiques progressives au sens large du terme. J'ai été bercé aux sons du "Segent peppers" des Beatles, puis ensuite je n'ai jamais lâché la musique qui représente un peu mon oxygène. Après j'ai passé ma vie en écoutant Hendrix, Genesis, Floyd ,Marillion, Mike Oldfield, Tull, Yes, Ange Camel (entres autres génies que j'ai aimé) tout en découvrant les plus récents, Steve Wilson, Riverside, Gazpacho, Dream Theater, The Watch, Anathema.(entres autres très belles découvertes qui sont venues après. Puis la musique planante m' aussi bien accompagné telle, Tangerine Dream ,Vangelis, Klauz Schulsz. Sans parlé aussi de la période "jazz rock" qui m'a bien plue jadis "au temps de Pierre et Gladys", telle Mahavischnu Orchestra, Chick Corea, Al Dimeola, Pat Metheny, voilà quelques perles qui ont émaillé ma longue vie d'aficionados et je compte bien par le biais d'Amarokprog, en découvrir d'autres et vous en faire découvrir. Progresssivement votre Dany