A Silent Sound - Compass
4.0Note Finale

Lorsque j’ai appris qu’une bonne partie de Sky Architect montait une nouvelle formation, l’impatience d’entendre le résultat de leurs travaux s’est faite grandissante. On va donc retrouver ici Tom Luchies (chant, guitare), Rik Van Honk (claviers, cornet) et Christiaan Bruin (batterie). Pour autant, le résultat est assez éloigné du progressif balisé et classique de leur formation d’origine.

Avec Compass, l’objectif premier est le voyage.  L’histoire derrière l’album est un voyage initié par Tom Luchies pour respecter les dernières volontés de son père : l’histoire d’un retour aux sources, d’un pèlerinage sur les lieux de sa naissance et de son enfance. Ayant traversé la Mongolie, la Chine, le Vietnam, la Thaïlande, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, il nous convie à vivre musicalement et en différé ce road-trip. Compass est donc un voyage initiatique d’une heure, inspiré par les lieux et villes visités et dont le résultat va osciller entre le folk, la world music, la chanson pop et le rock progressif. Pour qui est un habitué de Sky Architect, l’album est donc déroutant et … différent. Beaucoup plus accessible et immédiat, Compass offre de nombreux moments acoustiques, avec un folk aérien parfaitement marié au chant impeccablement ajusté de Luchies (“Dark Night’s Rising“) ou parfois même instrumental (“Sunset On An Island“).  Les aspects pop (“The Returnee” ou “Love Song” ) renvoient vers l’accessibilité faussement simple du To The Bone de Wilson et “Home” ou “The Road“, permettent au côté ballade soft du combo de s’exprimer.

Finalement ce sont les titres à construction plus progressive qui semblent quelque peu déséquilibrés dans cet ensemble. Ils ont souvent construits comme un collage de séquences qui s’il elles sont bonnes en soi, ne semblent pas avoir de continuité ou de cohérence : les deux parties de “Lake Okaru” ou de l’hybride “Setting Foot On The Hills” sont assez différentes. Très folk, très acoustique pour “Setting…”  suivie d’une section instrumentale électrique et progressive, alors que “Lake Okaru” démarre comme un titre presque ethnique pour se terminer en guitare sèche hispanisante. A la première écoute j’ai cru que c’était des enchaînements de titres différents.  Le triptyque des “City” explore lui le coté urbain du voyage avec un rock plus alternatif, plus énergique, “City Three” étant le plus fort des trois avec son coté oriental / muezzin.

Avec Compass , A Silent Sound livre un album qui, s’il est très agréable, pèche parfois par un manque de cohérence globale. Pour autant, pris individuellement, les morceaux sont plutôt réussis et inspirés. Ce concept de voyage a engendré un puzzle musical plutôt attachant car transpirant de sincérité,  passant d’un style à un autre.  Reste à savoir ce que donnera un deuxième album si le groupe est amené à durer.

A SILENT SOUND – COMPASS

A Silent Sound - Compass (2018)

Titre : Compass
Artiste : A Silent Sound

Date de sortie : 2018
Pays : Hollande
Durée : –
Label : Freia

Setlist

01. Setting Foot On The Hills
02. Lake Okaru
03. City One
04. City Two
05. Dark Night’s Rising
06. On The Ground
07. The Road
08. City Three
09. Sunset On An Island
10. Love Song
11. The Returnee
12. Home

Line-up

Auke Haaksma: Basse
Christiaan Bruin: Batterie
Linda Baur: Claviers
Rik Van Honk: Claviers
Tom Luchies: Chant / Guitares / Batterie

 

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